Réussir vigne 05 février 2003 à 17h39 |

Nutrition de la vigne - L´enfouissement de chélates de fer, une méthode efficace pour lutter contre les chloroses ferriques

Plutôt que la pulvérisation de fer sur le feuillage, l´enfouissement de chélates de fer peut s´avérer intéressant, surtout en situation extrême. Même si cela reste coûteux.

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La pulvérisation foliaire de fer est d´une efficacité ponctuelle et n´est active que pour les chloroses dites «légères». L´enfouissement dans le sol de chélates de fer semble plus intéressant, surtout dans les cas «graves». Généralement, les doses varient de 20 à 50 kg/ha, mais à cette échelle les résultats ne sont pas toujours satisfaisants. La Chambre d´agriculture de l´Aude a mis en place un essai d´apport en Chélatoli* sur vigne très fortement chlorosée (mourvèdre/R110, IPC de 1710). «On cherchait une mécanisation de l´application. L´apport a été fait à 30 cm de profondeur grâce au passage d´un coutre enfouisseur à la veille du débourrement», explique Benoît Fillaquier, animateur technique régional à la Chambre. «La première modalité, de 50 kg/ha, n´a pas donné satisfaction, celle à 100 kg/ha a eu un effet indéniable. Cette dose, souligne Benoît Fillaquier, n´est à préconiser que dans les situations extrêmes.» Des résultats très prometteurs mais le coût reste très élevé : à 100 kg/ha, celui-ci s´élève à 1500 euros/ha. Une technique curative qui ne peut donc être prescrite que dans les vignobles à haute valeur ajoutée.
©Du Roure


En terre humide mais non engorgée
Ce mode d´apport est en fait déjà appliqué en Champagne et dans une moindre mesure en Bourgogne. «Les prochains essais tenteront de mettre ou non en évidence l´effet cumulatif des doses et notamment de voir s´il peut y avoir une diminution progressive des doses de départ.» Des essais dans le Var confirment ces données. «L´enfouissement de Chélatoli a donné de très bons résultats à pleine dose (ici 50 kg/ha). L´efficacité est accentuée par un apport modéré d´eau : l´absorption du fer est plus facile en terre humide», indique Garance Reyes de la Chambre d´agriculture du Var. Terre humide ne veut pas dire engorgée. André Perraud du CIVC indique ainsi que sur sol argileux de Champagne, l´apport de chélates n´est pas la méthode idéale. «Dans ce cas, la carence en fer est physiologique et liée à un excès d´eau. Il faut faciliter le drainage, pratiquer l´enherbement, éviter la compaction et maintenir un bon taux de matière organique.»


*Produit commercialisé par la société Du Roure contenant du fer chélaté : 6 % d´EDDHA (Na).

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