Réussir vigne 26 mars 2004 à 11h31 | Par Claudine Galbrun

Viticulture - Une homologation est aussi obligatoire pour les moyens de lutte biologique

Nul n´est censé ignorer la loi et encore moins y échapper. Une règle qui prévaut également pour les moyens de lutte biologique qui doivent eux aussi obtenir une autorisation de mise en marché. Même si celle-ci peut constituer un frein à leur développement.

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La directive européenne 91/414 relative à l´homologation des produits phytosanitaire s´applique aussi aux moyens de lutte biologique. « Certains profitant de l´ambiguïté générée par l´utilisation de substances dites naturelles auraient pourtant bien aimé y échapper », indique Claude Alabouvette, chercheur à l´Inra de Dijon et président de la commission « moyens alternatifs » de l´AFPP (Association française de protection des plantes). Ces substances naturelles sont donc logiquement assimilées, dans l´esprit du législateur, à des préparations phytosanitaires dites classiques et donc doivent, pour être mise en marché, disposer d´une homologation en bonne et due forme, avec démonstration du danger potentiel et évaluation du risque. « Ce qui ne pose aucun problème si la molécule concernée est chimiquement pure », souligne M. Alabouvette. Par contre, il n´en va pas de même pour les mélanges plus ou moins complexes de substances naturelles.
©G. Sentenac / ITV France


« Certains extraits de plantes comme l´huile de Nim, se compose d´un mélange de quelques 50 molécules différentes. Ce qui rend l´homologation de cet extrait quasi impossible puisque la réglementation oblige à une description complète et précise les principales molécules contenues dans cet extrait et donc à réaliser un dossier d´homologation pour chacune des molécules dominantes. Dans ce cas, la réglementation est claire mais inapplicable. » Une réflexion est en cours pour mettre en place des procédures d´homologation allégées pour certaines substances naturelles extraites de plantes si celles-ci sont déjà connues et utilisées par la pharmacopée humaine.

Pour les micro-organismes, s´applique une variante de la règle générale. « On a du « biologiser » la directive 91/414 par la réécriture des annexes 2 et 3 qui s´est ainsi transformée en 2001/36 pour l´adapter au cas des organismes vivants », explique M. Alabouvette. Mais les dossiers d´homologation peinent à être remplis car si les exigences demandées sont logiques, estime M. Alabouvette, (propriétés biologiques du micro-organisme, effets sur la santé des personnes, résidus, devenir et comportement dans l´environnement) les outils d´évaluation ne sont pas forcément disponibles. « On fait donc du coup par coup. » Quant aux macro-organismes c´est à dire les insectes auxiliaires, c´est le vide juridique. « Mais il ne durera pas », estime encore M. Alabouvette. L´OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) est d´ailleurs en train de préparer un texte sur la question. Du coup, s´est mise en place une charte du bon usage des macro-organismes bénéfiques qui précise les droits et les devoirs de chacun des acteurs (producteurs d´auxiliaires, distributeurs, organismes et techniciens de prescription et agriculteurs).

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