Réussir vigne 31 juillet 2002 à 09h53 | Par Claudine Galbrun

Viticulture - Les (futurs) bienfaits des micro-organismes en lutte biologique

Stimulation des défenses naturelles de la vigne, effets préventifs et curatifs : la lutte biologique par des micro-organismes contre les maladies cryptogamiques de la vigne semble une voie prometteuse.

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Une partie des recherches menées dans le cadre du RVVS (Réseau vignes et vins septentrionaux) se concentre sur la lutte biologique contre les maladies cryptogamiques de la vigne. « Le secteur viticole est un grand consommateur de produits phytosanitaires soit plus de 50 % des tonnages utilisés en France pour 3,2 % de la surface cultivée », indique Patricia Trotel-Aziz, chercheur à l´Université de Reims-Champagne-Ardennes (URCA). « Compte tenu de l´apparition de résistances et d´une réglementation de plus en plus sévère, la lutte biologique représente une voie d´avenir ». Aucun produit dans ce domaine n´est à ce jour homologué mais les résultats obtenus en laboratoire, et même pour certains au vignoble, laissent augurer de grandes possibilités. Pour Bernard Paul, chercheur à l´Institut universitaire de la vigne et du vin Jules Guyot, la France, en matière de lutte biologique, est très en retard. « Une vingtaine de produits sont d´ores et déjà homologués aux Etats-Unis ». Un retard qui serait en train de se combler.

Une préparation de micro-organismes pulvérisée sur la vigne
Depuis 3 ans, Bernard Paul expérimente au vignoble (des essais sont en cours notamment au domaine Louis Latour) un «cocktail» de micro-organismes composé de levures, de bactéries et de champignons. Les premières produisent des enzymes capables de dégrader la paroi du pathogène. Les secondes fabriquent des anti-fongiques qui stoppent la croissance de Botrytis cinerea et les troisièmes agissent en tant que myco-parasites. Après culture en laboratoire, ces micro-organismes font l´objet d´une préparation qui est ensuite pulvérisée sur la vigne. Des études sont en cours afin d´apprécier le meilleur mode d´application entre une simple pulvérisation, un badigeonnage ou un dépôt au pied du cep. Ce cocktail, indique M. Paul, permet de lutter contre la plupart des maladies cryptogamiques de la vigne (oïdium, mildiou, botrytis) mais a également un effet préventif contre les maladies du bois (esca et eutypia). Ces qualités pourraient s´arrêter là, mais ce n´est pas tout. Lorsque la vigne est attaquée par un champignon, en réponse à ce stress, elle produit pour se défendre une molécule baptisée resvératrol (molécule par ailleurs dotée de propriétés bénéfiques pour la santé humaine).

Un « cocktail » en cours de brevetage
Q?T
En laboratoire, non seulement, Pseudomonas JN inhibe le développement du Botrytis mais aussi stimule la croissance des plants de chardonnay. Son objectif est désormais d´évaluer l´effet protecteur de cette bactérie vis à vis d´autres pathogènes et pour d´autres cépages que le chardonnay.

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