Réussir vigne 28 février 2003 à 13h01 | Par Claudine Galbrun

Viticulture - La création de variétés hybrides offre des perspectives de lutte contre le mildiou et l´oïdium

Les hybrides en viticulture ont mauvaise réputation. Et pourtant, les techniques d´hybridation seraient en train de faire leur grand retour et pourraient déboucher sur la création de variétés résistantes au mildiou et à l´oïdium.

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Les nouveaux objectifs que s´est fixé l´Inra en matière de création variétale à savoir la recherche de résistance aux bio-agresseurs (maladies ou ravageurs), l´obligent à se repencher sur le cas des hybrides. Ces derniers ont depuis bien longtemps mauvaise presse en France. Il faut dire que certains croisements avec des variétés d´origine américaine ont laissé à la dégustation des souvenirs plus qu´amers. « Il serait temps d´arrêter de les diaboliser », estime Christophe Schneider, chercheur à l´Inra de Colmar. « Mieux vaudrait s´intéresser aux caractéristiques des nouvelles variétés, surtout si celles-ci s´avèrent intéressantes du point de vue de la résistance aux maladies et aussi de par leurs qualités oenologiques. Peu importe alors que ces variétés aient été obtenues par hybridation ou par toute autre technique. »
©D. R.

La création variétale par hybridation aussi efficace que le transgénique
Or, il existe à l´intérieur de la famille des vitacées des gènes de résistances, notamment vis-à-vis de l´oïdium ou du mildiou, deux maladies pour lesquelles la lutte a des conséquences non négligeables en termes environnemental, financier et de santé de l´applicateur de produits phytosanitaires. Cela ouvre la voie à une création variétale par hybridation, qui paraît dans ce cas aussi efficace et rapide que le recours aux techniques de transgénèse. « Nous disposons effectivement de plusieurs sources de résistances au sein des vitacées dont certaines ont été mises en oeuvre dès l´entre-deux guerres pour donner des variétés hybrides avec des résultats, il est vrai, mitigés. Depuis, deux nouvelles sources ont été découvertes. L´une portée par Muscadinia rotundifolia (espèce éloignée des Vitis car ayant un nombre chromosomique de 20 alors que les Vitis n´en ont que 19) qui présente une résistance très forte au mildiou et à l´oïdium, l´autre appartenant à Vitis amurensis, d´origine asiatique et résistante uniquement au mildiou.

Par hybridation classique, on peut introduire les gènes porteurs de résistance au sein de Vitis vinifera. « Il ne s´agit pas de refaire ce qui a déjà été fait mais de redécliner l´hybridation à la lumière des nouveaux outils moléculaires actuels et des nouvelles connaissances génétiques sur la résistance », indique Christophe Schneider. L´objectif étant de cumuler sur un même génotype ou une même variété plusieurs sources de résistances afin d´obtenir un effet plus durable et une efficacité plus élevée et éviter ainsi l´apparition de résistance au sein des populations de parasites, responsables de ces maladies. Le but est également d´accélérer l´obtention de nouvelles variétés. Ces recherches viennent de démarrer et une nouvelle inscription au catalogue des variétés ne devrait pas intervenir, au mieux, avant une dizaine d´années. Le temps, peut-être, pour les uns et pour les autres de se réapproprier une notion depuis longtemps controversée...

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