Réussir vigne 14 avril 2003 à 17h55 | Par Catherine Bioteau

Viticulture - Haro sur les contaminations primaires de mildiou

Une étude suisse précise les conditions de propagation des épidémies de mildiou et remet en cause les stratégies habituelles de lutte.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

« A l´avenir, il pourrait s´avérer plus important d´assurer un contrôle tardif du mildiou plutôt que de chercher à confiner ses premières manifestations », juge Davide Gobbin. Le chercheur de l´Institut fédéral suisse de technologie de Zürich vient de consacrer quatre années d´études au mildiou de la vigne, pendant lesquelles il a procédé à l´analyse de pas moins de 7000 échantillons de lésions de mildiou, collectés dans divers pays d´Europe. Il a pu ainsi estimer l´importance relative des contaminations primaires et secondaires dans la propagation des épidémies, par identification du code génétique (génotype) du champignon responsable des lésions. Ses conclusions viennent bousculer les idées reçues.

Les contaminations primaires seraient plus importantes que les contaminations secondaires
« Classiquement, on pensait que quelques contaminations primaires en début de campagne suffisaient à déterminer le départ d´une épidémie, qui se répandait ensuite essentiellement par des contaminations secondaires asexuées, explique t-il. On pensait également que les sporanges responsables de ces contaminations secondaires pouvaient se propager assez loin, notamment à partir d´une vigne non traitée ». En fait, il n´en serait rien. A l´échelle d´une parcelle, les contaminations primaires, dues à la germination des oeufs d´hiver, demeureraient plus importantes que les contaminations secondaires.

« Dans la majorité des parcelles étudiées, aucun génotype n´est seul responsable de l´ensemble des dégâts, explique Davide Gobbin. Le déclenchement de la maladie est dû à une multitude de contaminations primaires à partir des oeufs d´hiver, qui se produisent de mai jusqu´à août probablement, quand les conditions climatiques sont favorables. » Quant aux contaminations secondaires, elles peuvent certes être nombreuses, mais elles sont plus localisées que ce que l´on pensait. « Elles propagent l´épidémie sur une même feuille ou un même cep, voire dans quelques cas sur des ceps voisins, mais rarement à l´échelle d´une parcelle. »

Conséquences sur les stratégies de lutte
Ces précisions pourraient avoir des conséquences sur les stratégies de lutte. On peut notamment penser qu´en luttant en priorité contre les oeufs d´hiver, on pourrait diminuer à la longue la pression mildiou. Les premières observations menées vont dans ce sens, confirme le chercheur qui conseille de reformuler les stratégies de traitement pour réduire la formation des oospores en fin d´été et début d´automne et d´éliminer les débris végétaux susceptibles de contenir des oeufs d´hiver. Par contre, les traitements précoces contre les toutes premières taches pourraient revêtir un intérêt mineur dans les régions sèches, comme dans le Sud-Est de la France.
« Ce schéma conforte ce que laissait supposer la modélisation du mildiou, quant à l´importance des contaminations primaires, commente Marc Raynal de l´ITV de Bordeaux, partenaire de l´étude. Par contre, il reste encore des interrogations notamment sur l´intérêt réel des traitements tardifs. Il va également falloir se pencher davantage sur les conditions de germination des oeufs d´hiver. »

Contribution quantitative des vieux et nouveaux génotypes.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui