Réussir vigne 20 mars 2006 à 17h27 | Par Réussir Vigne (C. Galbrun)

Viticulture/Environnement - Des idées simples pour réduire l´effet de serre

Des mesures simples peuvent être mises en oeuvre au niveau de l´exploitation pour lutter contre le réchauffement climatique.

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" Le taux de croissance économique au niveau mondial est de 2 à 3 % par an. Ce qui revient à tracer une courbe exponentielle. Or, au niveau de notre globe terrestre, on sait que les réserves énergétiques sont finies. Il y aura donc de la décroissance un jour. Le tout est de savoir si on veut se donner les moyens de la maîtriser ou si l´on se contente d´attendre un réveil qui risque d´être brutal et douloureux. Il y a nécessité d´anticiper. Les entreprises doivent s´y préparer et celles qui s´y préparent seront les moins fragiles ", indique Arnaud Descottes du CIVC (Comité interprofessionnel de Champagne). Il est aujourd´hui démontré que ce sont les activités modernes de l´homme qui entraînent une augmentation de l´émission des gaz à effet de serre. Tout ce qui contribuera donc à diminuer les consommations d´énergie limitera ces émissions.
La chose peut commencer à la vigne. Plutôt que de broyer ou de brûler les sarments, charpentes et autres souches arrachées qui constituent autant de perte sèche, cette biomasse pourrait être utilisée en tant que bois-énergie. Le vignoble champenois, soit 32 000 hectares, produit chaque année plus de 100 000 tonnes de déchets verts. En bois sec, cela représente 50 000 tonnes. Ramenés en tonnes équivalent pétrole, cela revient à 20 000 ou encore à plus de 100 millions de Kwh, selon les calculs du CIVC. " C´est colossal. Cette biomasse pourrait être utilisée pour le chauffage de locaux professionnels ou par des collectivités. " Sachant que l´utilisation de 4 m3 de bois-énergie permet d´économiser une tonne de pétrole et d´éviter en moyenne l´émission de 2,5 tonnes de CO2 dans l´atmosphère, selon le Centre d´information sur l´énergie et l´environnement.
En matière de fertilisation, la consigne est simple : utiliser le moins possible d´engrais et privilégier les engrais organiques. Les engrais minéraux azotés, produits de synthèse donc émetteurs de gaz à effet de serre dés leur fabrication, produisent ensuite du protoxyde d´azote, l´un des principaux gaz à effet de serre avec le méthane et le carbone. " L´utilisation de produits d´origine organique compte pour nul dans le bilan carbone (méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre). En effet, pour les fabriquer, il a fallu quelques années auparavant que des végétaux soustraient du carbone pour croître ", souligne Arnaud Descottes. Sans oublier que l´apport d´engrais organique dope également l´activité biologique des sols.
La réflexion sur cette réduction d´émission de polluants peut démarrer dès la construction des bâtiments de vinification et de stockage en tenant compte de leur inertie thermique et en renforçant l´isolation de tous les locaux.
Chacun peut également s´engager sur la maîtrise des fuites de liquides frigorigènes dans les installations de climatisation et de refroidissement. Ces liquides génèrent des gaz à effet de serre très puissants, ayant en plus une durée de vie très longue une fois largués dans l´atmosphère.
Plutôt que de broyer ou de brûler les sarments et autres souches arrachées, ces déchets verts pourraient être utilisées en tant que bois-énergie. ©B. Compagnon - Archives

Des plans de déplacement pour économiser l´énergie
Le transport tant personnel que professionnel peut constituer une source non négligeable d´économies. " Chacun au jour le jour peut être amené à se déplacer le moins possible. C´est une question d´organisation. " Certaines entreprises ont d´ailleurs mis en place des plans de déplacement. Pour les déplacements professionnels, il est vivement déconseillé de prendre l´avion. " L´avion par rapport au TGV émet 30 fois plus de gaz à effet de serre. ".
Le poste emballage à lui seul consomme autant d´énergie que celle dépensée à la vigne et à la cave. " Ce qui est énorme. Il est possible de travailler à une utilisation moindre de carton ou en choisissant des matériaux plus légers. Il est vrai également que le choix par exemple d´une bouteille plus légère peut heurter certaines conceptions marketing qui ont édicté comme règle qu´un vin dans une bouteille lourde est forcément bon. "

Chacun a également la possibilité d´agir de manière plus indirecte en choisissant, par exemple, parmi ses fournisseurs de produits et services ceux qui prennent en compte cette problématique environnementale ou en leur demandant d´effectuer un bilan carbone de leurs propres activités. " Les vignerons seront sans doute plus efficaces en dehors de leurs vignes ou de leur cave en tant que donneurs d´ordre à leurs fournisseurs, fournisseurs qui à leur tour pourront avoir les mêmes exigences auprès de leur amont. C´est ainsi qu´un cercle vertueux pourra se mettre en place ", estime Arnaud Descottes.

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