Réussir vigne 10 mars 2003 à 15h30 | Par C. Bioteau

Viticulture - Des contrôles de conformité à la directive hygiène possibles cette année

Peu de caves particulières sont en conformité avec la directive hygiène. Les Fraudes pourraient pourtant débuter des contrôles dès cette année.

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Les Fraudes pourraient commencer des contrôles en caves particulières dans les mois à venir. « Nous avons même commencé l´an dernier dans des régions tests (Paca, Roussillon, Alsace...) mais davantage pour enquêter qu´à titre répressif », avoue Alain Chatelet, chef de la mission d´enquête vins et spiritueux à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), « car nous sommes comme les vignerons, nous cherchons par quel bout prendre le problème. » Le but n´est pas de « persécuter » le vigneron alors que les problèmes d´hygiène sont rares dans la filière. « On ne pourra pas faire carreler tous les chais en terre battue mais on s´efforcera d´éliminer les points à risque avec pragmatisme ». Par exemple, les produits oenologiques non étiquetés. « Il est inconcevable que des produits non étiquetés soient stockés dans les caves, c´est la porte ouverte à des confusions entre, par exemple, du ferrocyanure et de l´acide citrique. » Alain Chatelet insiste également sur la traçabilité des lots de vin « pour pouvoir neutraliser un lot en cas de gros pépin. »

Peut-être 10 % seulement des caves particulières en conformité
Si les grosses caves et négociants sont en grande majorité en conformité avec la directive hygiène, les caves particulières traînent un peu. Aucune statistique n´est tenue sur le pourcentage de caves particulières en conformité et l´estimation est hasardeuse mais « ça pourrait tourner autour de 10 % seulement », avance Eric Rosaz directeur des Vignerons Indépendants, avec des disparités régionales. La Vallée du Rhône serait plutôt en avance, « à la louche, on doit être à 30 % », estime Françoise Dijon d´Inter Rhône.
« A part quelques pionniers, seules les caves qui vendent à des clients exigeants, comme la grande distribution ou des exportateurs, se sont mis en conformité, à leur demande. La loi du marché est plus persuasive que la directive elle-même », estime Jean-Philippe Moulin, consultant privé. D´autant plus en temps de crise.

On peut se mettre en conformité à peu de frais
Pourtant, de plus en plus de réunions d´informations et de formations sont proposées sur la directive hygiène, par les interprofessions, les chambres d´agriculture, la fédération des vignerons indépendants... Inter Rhône, tout comme l´ITV, propose un document type simplifié, à remplir par les caves particulières. « On peut se mettre en conformité à peu de frais », estime Françoise Dijon. Par exemple, il n´y a pas obligation de suivre une formation coûteuse sur l´hygiène, « un vigneron ayant reçu une bonne formation lors de ses études peut lui-même former ses employés. »
Des sociétés privées ont également mis au point des outils d´accompagnement dans la démarche mais plus onéreux. Moulin et associés, dans la Marne, propose ainsi un Kit-Oeno-Haccp. Pour 5000 euros environ, il comprend une étude préformatée et quatre demi-journées d´accompagnement. La mise en conformité à la directive hygiène peut également s´informatiser. Plusieurs sociétés commercialisent des logiciels assurant à la fois la traçabilité des vins et la mise en conformité.

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