Réussir vigne 14 décembre 2001 à 11h12 | Par Julien Huchette

Viticulture - Découverte d´un nouveau foyer Flavescence dorée

Le moment n´est pas encore venu de relâcher la vigilance vis-à-vis de la flavescence dorée.
Le problème de la flavescence dorée n´est toujours pas réglé... et ne le sera sans doute jamais.

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Comme le disent certains : « il va falloir vivre avec ». Un nouveau foyer a ainsi été identifié, notamment dans un secteur jusque là épargné : le Sud de la Drôme, à Rousset-les-Vignes.
Aujourd´hui, la plus grande interrogation reste la motivation des viticulteurs quant à la lutte. Comme le souligne Nadine Muckensturm, du Service de la protection des végétaux de Savoie : « La flavescence dorée confirme son implantation dans le département mais nos viticulteurs, fraîchement concernés, sont particulièrement attentifs, surtout lorsqu´on sait que les foyers ne sont pas très éloignés des pépinières. » A contrario certains vignerons qui connaissent la maladie depuis longtemps déjà semblent parfois se désolidariser.
Car la flavescence dorée est un problème collectif pour lequel on doit lutter collectivement. Comme l´indique Christophe Pueyo du SRPV Languedoc-Roussillon : « les viticulteurs doivent se prendre en charge eux-même. Sans mobilisation générale, le problème ne se resoudra pas. On a malheureusement parfois l´impression aujourd´hui d´avoir des professionnels qui ont tendance à lever le pied. » Même constat pour Évelyne Mingaut du FDGDEC Pyrénées Orientales (Fédération départementale des groupements de défense contre les ennemis des cultures) : « Malgré nos avertissements certains viticulteurs hésitent encore à arracher. »
La lutte raisonnée : une question de moyens
Cette tendance à la démobilisation n´est toutefois pas aussi générale. En Gironde on reconnaît un léger recul de la maladie.
« La vigilance des producteurs du Médoc, leur sérieux a grandement contribué à diminuer la pression de la maladie », note Marc Coussy du SRPV d´Aquitaine. Et dans un tel contexte, on peut effectivement envisager une lutte plus raisonnée, deux traitements au lieu de trois (un traitement ovicide pour deux préconisés aujourd´hui). Mais Christophe Pueyo d´avertir : « La lutte raisonnée suppose un préalable indispensable : prospecter, lutter et arracher. » Or, lutter, prospecter coûte cher...
Arracher aussi, c´est du raisin en moins. Et pourtant, comme le signale Evelyne Mingaut : « Les pieds touchés continuent de produire certes, mais pour combien de temps ? Et dans ces conditions, plus le temps passe et plus la maladie progresse. »
Ce n´est pas nouveau : la flavescence dorée est un problème de moyens. Un problème de moyens que connaît également le Bergeracois. Sans avoir de caractère explosif, on y observe de nouveaux foyers. Un manque de trésorerie dans cette partie du vignoble peut sans doute expliquer cette situation, même si elle est loin d´être dramatique. C´est pourtant bien ces vignobles là (Dordogne, Languedoc-Roussillon...) qui auraient le plus besoin d´une lutte raisonnée afin d´alléger le coût des trois traitements. Mais c´est justement dans ces mêmes régions que cette lutte raisonnée semble aujourd´hui la plus incertaine, en tous les cas à court terme.
Cicadelle ©ITV

Cicadelle vectrice de la flavescence dorée
La lutte contre la maladie se heurte à un problème de moyens financiers.

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