Réussir vigne 12 mai 2003 à 11h18 | Par Sylvie Tillard - Le Paysan du Midi

Viticulture - Après l´arrachage de vignes, les avantages des cultures de régénération

Dans le cadre de la reconversion qualitative différée par arrachage temporaire, expérimentée en Languedoc-Roussillon, une période de trois à cinq ans est prévue avant replantation du vignoble. L´occasion de profiter des avantages des « cultures de régénération ».

Abonnez-vous Réagir Imprimer

« L´objectif essentiel d´une culture de régénération entre arrachage et replantation de la vigne est de nature agronomique. Elle permet, en effet, d´améliorer la structure et la fertilité du sol », indique Christophe Bonnemort, responsable du service polyculture à la Chambre d´agriculture de l´Aude. Ce peut être aussi un moyen de lutter contre l´érosion et de maîtriser les adventices.
Le choix des espèces se fera selon plusieurs critères : les caractéristiques du sol (taux de calcaire, disponibilité en eau), la période comprise entre l´arrachage et la replantation (espèces annuelles ou pluriannuelles) et le devenir de cette culture (enfouissement ou valorisation de la production). Certaines espè- ces peuvent en effet être valorisées par la vente, comme les céréales (sachant que, dans ce cas, elles ne bénéficient pas de la prime PAC) ou la luzerne pour la commercialisation de fourrages aux éleveurs. Les différentes espèces qui peuvent être implantées après arrachage de vigne sont des légumineuses, des crucifères et des graminées.

Les légumineuses apportent de l´azote dans le sol
« Les principales légumineuses sont la luzerne, les trèfles et les vesces. Il s´agit de plantes pluriannuelles, sauf les vesces qui peuvent se ressemer naturellement. Leurs avantages : elles ont un système racinaire performant et apportent de l´azote dans le sol », précise Christophe Bonnemort. D´autres légumineuses peuvent être intéressantes, telles que la minette, adaptée aux sols pauvres et calcaires ; le lupin, adapté aux sols maigres, sableux et non calcaires ; ou encore le melilot qui supporte des sols très calcaires, pauvres en matière organique.
Les crucifères (colza, navette, moutarde, radis fourrager) permettent d´aérer le sol grâce à leur système racinaire pivotant ; leur croissance est rapide, elles améliorent la teneur en matière organique des sols. Ce sont des plantes annuelles.

Les graminées intéressantes en mélanges avec les légumineuses
Les graminées bénéficient d´un bon enracinement ; elles sont plus rustiques que les crucifères ou les légumineuses, faciles d´implantation et de levée. En revanche, elles appauvrissent le sol en azote, d´où l´intérêt de les mélanger avec des légumineuses. D´autres mélanges sont possibles, permettant de cumuler les avantages des cultures. Citons notamment les associations vesce + avoine ou seigle, trèfle + ray-grass ou encore luzerne + dactyle.
« Quel que soit le choix effectué, il faut soigner la préparation du sol : nous préconisons une reprise de labour avec vibroculteur ou disques et une préparation du semis avec herse et rouleau pour obtenir une terre très fine. » Selon les cultures, le coût global (préparation du sol, semis, semences) oscille entre 100 et 160 euros/ha. Avant plantation du nouveau vignoble, cette culture de régénération est broyée, puis enfouie pour améliorer la matière organique du sol. « En trois ans, on peut compter augmenter le taux de matière organique d´un demi point », souligne Christophe Bonnemort.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui