Réussir vigne 23 novembre 2005 à 15h06 | Par Marion Ivaldi

Vins du Bordelais - La première étape du plan Bordeaux a fonctionné

La baisse des rendements, premier axe du plan Bordeaux pour sortir de la crise, a été actée. Reste maintenant à mettre en place l´arrachage et la création du vin de pays.

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« On n´est pas au bout du tunnel mais on commence à sortir la tête de l´eau », estime Christian Delpeuch, président du Conseil interprofessionnel des vins de bordeaux (CIVB). Les baisses de rendement, axe clé de la stratégie bordelaise de gestion de crise, décidées par les appellations, montrent que « l´ensemble de la filière s´est montré raisonnable ». A l´entendre, le climat bordelais s´est adouci. « La communication a repris, je rencontre tous les quinze jours le Collectif des viticulteurs bordelais avec qui j´ai des relations intéressantes », explique le président qui remettait son mandat en jeu il y a seulement quatre mois. Le seul bémol, selon lui, à cette politique de baisse de production « est la non prise en compte de la capacité de certaines exploitations à produire plus de 50 hl ».
Inégalité dans la baisse des rendements
De son côté Didier Cousiney, président du Collectif des viticulteurs bordelais, s´estime toujours aussi mécontent du CIVB. « Ils ont supprimé les subventions à la commercialisation pour les redistribuer à l´exportation, l´argent va bénéficier aux structures importantes », déplore le viticulteur. Par ailleurs, le Collectif regrette que la baisse des rendements ne soit pas la même pour tous avec un système de bonus dans le cadre de l´agrément cuve par cuve.
Si la baisse des rendements est une étape dans la mise en place du plan Bordeaux, il reste encore deux axes majeurs à mettre en place.
D´une part, l´arrachage qui est financé à hauteur de 15 000 euros/ha jusqu´à la fin de l´année. D´autre part, la création de la mixité. « J´ai bon espoir que le vin de pays d´Atlantique puisse être produit pour la récolte 2006 », affirme Christian Delpeuch qui estime à 500 000 hl le volume qui pourrait être produit d´ici 3 à 5 ans. Le Comité régional des vins d´Aquitaine a soumis le projet à l´Onivins en juin dernier. Selon Christian Delpeuch, ce vin serait issu des vignobles de Dordogne, Gironde, Lot-et-Garonne, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des deux Charentes.

Reste que les départements des Landes, du Lot-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques sont les terres du vin de pays du Comté Tolosan. Et certains opérateurs sont farouchement opposés à la possible double appartenance. Enfin, une fois cette question de géographie réglée, il faudra constituer un syndicat de défense.
Pour Pierre Cambar, directeur du Comité régional des vins d´Aquitaine, ce vin est destiné au marché international. « Mais on doit pouvoir offrir la possibilité à un producteur d´en vinifier pour compléter sa gamme », précise-t-il. Une vision que ne partage pas Didier Cousiney : « ce vin doit être produit dans le cadre d´un partenariat entre le viticulteur et le négoce, mais ne pas être ouvert à tous ». Il reste sceptique : « il n´y a pas eu d´étude de marché, on ne sait pas si on pourra vendre ce vin. Par ailleurs la question du prix n´est pas réglée. Même en augmentant les rendements, si le tonneau est acheté 500 euros, nous ne pourrons pas tenir ».

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