Réussir vigne 04 juin 2003 à 18h09 | Par Philippe Cazal - Paysan du Midi

Vins de table et de pays - Une conjoncture peu ordinaire

La pénurie ! Les stocks de vins de table et de pays sont au plus bas.

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« En trente ans je n´ai jamais vu ça », s´exclamait un metteur en marché il y a quelques semaines. Une situation du marché des vins de table et de pays où les caves sont vides ou quasiment. De ce fait, les quelques vins qui se vendent encore atteignent des prix relativement élevés et la pénurie s´annonce pour les acheteurs qui ne se sont pas suffisamment couverts. C´est le résultat d´une conjonction d´éléments : des distillations exceptionnelles en 2002, une récolte très moyenne en Languedoc-Roussillon (16,6 millions d´hl), mais aussi une récolte faible en France (52 millions d´hl), en Italie (7 à 9 millions d´hl de moins que la moyenne) et en Espagne.
En Languedoc-Roussillon, selon l´Onivins, les stocks étaient en diminution en début de campagne, à 9 millions d´hl, ce qui porte les disponibilités à 25,7 millions d´hl, au lieu de 29,9 l´an dernier. La baisse des disponibilités concerne surtout les vins de table et de pays, les appellations se situant à 7,5 millions d´hl, en hausse de 0,2 millions d´hl. Résultat : en vins de table et de pays, le négoce peine à trouver des vins rosés et blancs ou des rouges de 11º à 11º5, après un début de campagne très actif, tant en volumes qu´en prix. En effet, selon l´analyse des contrats Onivins, les ventes à 31 semaines de campagne sont en hausse, en volume, de 23 % en vin de table et de 22 % en vins de pays.

Les prix sont également en hausse, sur la même période, de 20 % pour les vins de table (45,69 euros/hl début mars) et de 18 % pour les vins de pays de département (44,10 euros/hl).
En vins de Pays d´Oc génériques, l´augmentation frôle les 10 %, à 66 euros/hl. En mono-cépage, les hausses de prix sont supérieures. Elles vont de 11 % pour le merlot (à 67 euros/hl) à 25 % pour le sauvignon (83 euros) : 13 % pour le cabernet-sauvignon (74,52 euros), 16 % pour le chardonnay (90 euros), 17 % pour le viognier (93 euros), 20 % pour la syrah (74 euros). A côté de cette situation particulièrement dynamique pour les vins de table et de pays, le marché des AOC, au contraire, stagne, en volume et en prix. Aussi vaut-il mieux se garder d´être euphorique. La situation actuelle est due à une diminution des récoltes en Europe et non pas à une reprise de la consommation. On se souvient de 1998 où, après une récolte petite et d´excellente qualité, les prix avaient fortement augmenté. Puis des années suivantes, où il a été difficile de récupérer les marchés perdus. Puis encore des années suivantes, où la récolte excédentaire a fait chuter le marché. Que sera la prochaine récolte ?

La campagne 200/2003, qui, paradoxalement, se vend bien malgré une qualité inférieure à la moyenne, semble donner raison à ceux qui suggèrent de pousser les rendements. Mais attention : la situation actuelle, « jamais vue », ne se reproduira certainement pas. Cette campagne atypique rappelle que le marché des vins de table et de pays reste très spéculatif et très lié aux effets de conjoncture.

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