Réussir vigne 13 juillet 2005 à 11h23 | Par Marion Ivaldi

Vins d´aoc - L´agrément mise sur la satisfaction client

L´agrément prendrait une nouvelle orientation où la procédure de contrôle pourrait s´étendre à toute la filière pour mieux répondre aux attentes des consommateurs.

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Le projet de réforme de l´agrément témoigne du souci de la Commission nommée par l´Inao de rapprocher l´agrément de la commercialisation. Et par là, de respecter les attentes du consommateur, comme l´explique Christian Paly, président de la Cnaoc. Selon lui, si ces propositions sont prises en compte, elles devraient « assurer la garantie qualitative que l´appellation d´origine est censée apporter au consommateur ».
Il s´agit de faire évoluer la philosophie même de l´agrément, souligne Gérard Boesch, président de la Commission nationale sur la réforme de l´agrément. « Aujourd´hui, l´agrément fonctionne comme un radar automatique. Les gens prennent des précautions le jour du contrôle comme ils ralentissent la vitesse de leur véhicule uniquement à l´endroit où est situé le radar. Nous cherchons à mettre en place une procédure de contrôle global qui vérifie chaque étape de la production à la commercialisation ».
Les négociants soumis à des contrôles

La procédure proposée dans le cadre de l´agrément instaure de nouvelles étapes de contrôle de chaque opérateur de la filière viti-vinicole (voir encadré). Le rapport a identifié les opérateurs clés : le producteur, le vinificateur, l´assembleur, le distributeur. Ce dernier devrait être soumis à la procédure d´agrément à travers le suivi aval de la qualité, c´est-à-dire le contrôle des produits au sein même des linéaires des distributeurs. Autre révolution : les négociants seraient également contrôlés. « Ce projet va renforcer la qualité et la crédibilité du négoce », se satisfait Patrick Montfort, négociant de la cave Julien de Savignac à bergerac.

La fréquence des contrôles est au minimum de 15 % des exploitations ou des produits. Les appellations qui le souhaitent pourront procéder à des contrôles plus intenses.
Au niveau de la production, le rapport introduit une nouvelle forme de contrôle : celui de l´aptitude des outils de production. Il s´agit de prévoir dans les décrets des « normes » auxquelles doivent répondre les outils quand ils ont un impact direct sur la qualité. Cette proposition s´inspire de ce qui est déjà pratiqué en Champagne avec les centres de pressurage qui doivent être adaptés au fractionnement des jus. Par ailleurs, la mise en place d´un autodiagnostic, réalisé par le producteur, pourrait être instaurée. L´idée est de vérifier l´application de certaines pratiques viticoles, directement impliquées dans la réalisation des objectif posés par les décrets, soient appliquées.
Améliorer la formation des dégustateurs

La réforme insiste sur la nécessité de former les dégustateurs. Il s´agit de professionnaliser cette fonction déterminante pour la crédibilité de l´agrément. Gérard Boesch donne pour exemple les dégustateurs du fromage de comté qui suivent une formation tous les mois et qui réalisent trois dégustations par an. « Il faut aussi moins de dégustateurs pour pouvoir assurer une meilleure harmonisation des contrôles au niveau régional », complète-t-il. Leur jugement devrait être soumis à une « pression » moins importante qu´à l´heure actuelle.
En effet, le projet prévoit de créer une commission indépendante chargée de prononcer la sanction. « Le rôle des dégustateurs est ainsi limité à celui de l´expertise », commente Gérard Boesch. Enfin les contrôles doivent permettre d´identifier la nature de chaque problème : mauvaise maturité des raisins, incidents lors de la vinification ou du stockage. Ainsi, lorsque les contrôles feront apparaître une non-conformité, des mesures correctives pourront être imposées selon la nature du problème identifié. Par exemple, il pourrait être demandé au vigneron de changer son pressoir s´il ne répond pas aux normes prévues par le décret d´appellation. Par ailleurs, une cuve qui ne reçoit pas l´agrément ne mettra pas en péril tout le chai. « Une sélection des cuves valables pourra être réalisée, les négociants pourront remettre en vrac un lot de bouteilles refusé pour retravailler le vin. », précise Gérard Boesch.
Zoom sur.Les nouvelles étapes de l´agrément

1 Reconnaissance de l´aptitude à produire. L´application des règles de production prévu par le décret d´appellation devrait être contrôlée. Un auto-contrôle pourrait servir à vérifier l´application de ces règles. Par ailleurs, le rapport fait entrer la notion d´aptitude des outils de production. Ces derniers devraient également faire l´objet de contrôles.

2 Contrôle du produit. Le contrôle des produits se fait à deux stades. Le premier stade est effectué lorsque le viticulteur souhaite vendre son vin au distributeur. Un certificat sera délivré au viticulteur pour le lot qu´il souhaite vendre, lui permettant d´obtenir le titre de mouvement. Le second stade s´applique chez le distributeur sur les lots prêts à la mise à la consommation, c´est-à-dire soit les lots vendus en vrac, soit les lots vendus en bouteille.

3 Contrôle de l´opé-rateur. Il est question d´intégrer dans l´agrément le contrôle du distributeur, et notamment le suivi aval qualité. Ce dernier consiste à prélever dans les linéaires des bouteilles pour contrôler la conformité des vins à la qualité définie par le décret d´appellation. Pour cette dernière étape du contrôle, le rapport ne précise pas quelle doit être la fréquence de contrôle.

Gérard Boesch, Président de la Commission national sur l´agrément.
« Dans notre rapport, nous avons voulu affirmer une orientation politique, celle de répondre aux attentes de nos consommateurs. »
Témoignage Jean-Louis Vallet, responsable du secteur vin chez Prodis
« Un logo pour valoriser les appellations »

« Je pense qu´il serait intéressant de montrer qu´il y a du nouveau au sein des appellations. L´utilisation d´un message ou d´un logo qui insiste sur l´origine permettrait de valoriser les efforts faits. Aujourd´hui, il est très difficile pour un consommateur de savoir s´il achète ou non un vin d´appellation : les signes ne sont pas clairs. Il existe deux moyens d´indiquer l´AOC : soit sur l´étiquette, soit à travers la capsule fiscale. Cette dernière est en train d´être supprimée et elle ne parlait qu´aux initiés. »

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