Réussir vigne 26 mai 2004 à 15h08 | Par Claudine Galbrun

Traitements phytosanitaires - L´influence de la qualité de l´eau de pulvérisation reste à démontrer

Beaucoup de vignerons s´interrogent sur les vertus réelles ou supposées de l´eau de pulvérisation. Selon le CIVC, la qualité de l´eau n´aurait pas un rôle essentiel dans la réussite d´un traitement.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

« Sauf cas particulier, modifier la qualité de l´eau présente peu de perspectives de progrès pour optimiser la pulvérisation », estime Sébastien Debuisson du CIVC (Comité interprofessionnel du vin de Champagne) qui reconnaît toutefois que les connaissances sur le sujet sont peu nombreuses et souvent contradictoires. Des interactions entre eau et produits phytosanitaires existent néanmoins. Le pH de l´eau notamment peut influer sur l´efficacité d´un produit. Certaines matières actives en effet, peu nombreuses toutefois, souligne le CIVC, se dégradent dans l´eau en pH alcalin. Phénomène appelé hydrolyse. Ce qui est le cas pour le folpel, la flumioxazine ou le cymoxanil. Si la bouillie séjourne longtemps dans la cuve, la quantité de matière active pulvérisée sera plus faible. Le conseil dans ce cas est simple : il faut appliquer rapidement la bouillie dans la limite d´une demi-journée. Les formulations des produits phytosanitaires contenant ces matières actives sont normalement étudiées pour acidifier la bouillie et limiter donc l´hydrolyse. Mais ce ne sera pas forcément le cas si ceux-ci sont utilisés en mélange avec d´autres produits.
©D. R.


En dernier recours, indique le CIVC, il est possible d´acidifier la bouillie soit en carbonatant l´eau, soit en utilisant certains adjuvants dotés de propriétés d´acidification (Li700, Elton ou Transit pour les herbicides). La dureté de l´eau est un autre critère qui peut jouer. Ceci a été démontré avec certains herbicides comme le glyphosate et le sulfosate, indique Sébastien Debuisson mais seulement en cas de sous-dosage. Plus l´eau est dure et en particulier, plus elle est chargée en calcium, plus elle limite l´efficacité de ces matières actives. Aussi, si un viticulteur souhaite sous-doser le glyphosate ou le sulfosate, mieux vaut utiliser une eau douce. L´eau de pluie s´avérant souvent le meilleur choix possible. Pour éviter l´inactivation de ces herbicides, il est également possible de diminuer fortement le volume hectare. « Ce qui évite de mettre en présence une quantité trop importante d´ions calcium avec les molécules de glyphosate ou de sulfosate », souligne le CIVC.

Enfin, certaines formulations faisant appel à des adjuvants limitant les interactions entre les minéraux présents et la matière active peuvent être utilisées. Concernant les fongicides, par contre, aucun essai n´a mis en évidence une quelconque influence de la dureté de l´eau sur l´efficacité des matières actives, indique enfin le Comité.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui