Réussir vigne 15 mars 2011 à 18h44 | Par C. GALBRUN

TECHNIQUE - Réduire l’impact environnemental des herbicides

La réduction de l’impact environnemental du désherbage chimique nécessitera une adaptation aux spécificités locales et le recours aux herbicides restera, dans certaines situations, une nécessité technique et économique, selon un rapport publié par l’IFV.

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DANS CERTAINS VIGNOBLES,
LE RECOURS À L’ENHERBEMENT
SERA POSSIBLE. Mais tel ne
sera pas le cas ailleurs d’où cette
proposition formulée dans ce
rapport de combiner spatialement
et temporellement les différentes
pratiques d’entretien du sol
DANS CERTAINS VIGNOBLES, LE RECOURS À L’ENHERBEMENT SERA POSSIBLE. Mais tel ne sera pas le cas ailleurs d’où cette proposition formulée dans ce rapport de combiner spatialement et temporellement les différentes pratiques d’entretien du sol - © P. Cronenberger

“La solution universelle au désherbage chimique qui supprime les impacts environnementaux et satisfait la technique n’existe pas ” : c’est une des conclusions à laquelle aboutit le rapport intitulé “Réduire l’impact environnemental des herbicides en viticulture ”, fruit d’une expertise collective coordonnée par l’IFV. Un état des lieux national des pratiques d’entretien des sols a d’abord été dressé montrant la diversité de ces dernières selon les régions. Un état des lieux qui a également permis d’identifier les freins au développement d’alternatives au désherbage chimique. Et le frein principal, quel que soit le vignoble concerné est d’ordre économique, facteur encore aggravé par un contexte économique globalement morose, note le rapport. “ Il est clair que le recours aux herbicides est la solution la moins coûteuse et la plus simple à mettre en oeuvre ”, souligne Thierry Coulon, l’un des co-rédacteurs de ce rapport. Selon une estimation des coûts de différents itiné-raires techniques d’entretien du sol dans le cas d’une vigne large située dans le Gard, le passage d’un désherbage chimique en totalité à un désherbage chimique sur le rang et trois tontes sur les inters rangs entraîne un surcoût de 37 %. Ce surcoût s’élève à 36% si l’on compare un désherbage chimique sur le rang complété par un travail sur les inters rangs (quatre passages) et atteint 238 % dans le cas d’un travail du sol intégral avec décavaillonnage sous le rang. À tel point qu’un choix inadapté d’entretien des sols peut remettre en cause la viabilité économique du vignoble, souligne encore le rapport. Sans oublier que le recours aux techniques alternatives peut aussi entraîner une perte de productivité. Mais ce qui ressort également de ce rapport est la prise de conscience chez les vignerons des risques environnementaux que font peser l’usage des herbicides, celui-ci étant en diminution sur l’ensemble des vignobles français.

Adaptation des itinéraires à l’échelon local

“ Dans certaines régions, il sera sans doute possible de proscrire le recours aux herbicides mais ailleurs, cela ne serait pas raisonnable. Aussi plutôt que de prendre un arrêté d’interdiction d’usage des herbicides ou de décider au niveau national une diminution des doses autorisées, nous proposons une combinaison spatiale et temporelle des différentes techniques d’entretien du sol. Une combinaison temporelle en fonction du cycle végétatif de la vigne et une combinaison spatiale en fonction des régions, voire à l’intérieur d’une AOC. Ce qui va donc nécessiter une adaptation des itinéraires à l’échelon local ”, indique Thierry Coulon. Ce rapport qui a été réalisé à la demande des pouvoirs publics leur a été transmis. “ Soit les pouvoirs publics optent pour une procédure réglementaire. Ce qui signifie que certaines molécules chimiques seront revues avec des maxima de doses autorisées. Soit ils partagent notre point de vue et s’engagent dans une voie moins réglementaire mais davantage basée sur l’adhésion des professionnels et qui devra faire l’objet d’un accompagnement technique et financier afin de favoriser l’amélioration et l’évolution des pratiques. Soit, autre possibilité, ils réalisent un mix des deux. À eux de décider. En tous cas, la profession est ouverte et demandeuse d’échanges et de dialogue.

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