Réussir vigne 23 mai 2005 à 11h18 | Par Steven Le Quellenec

Sélection parcellaire dans le Sud - Trois conditions pour un rosé haut de gamme

Absence d´une contrainte hydrique excessive, couplée à une maturité modérée et à un bon état sanitaire des grappes, constitueraient selon l´ICV les clés d´un rosé haut de gamme.

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Si la sélection des parcelles pour l´élaboration de vins rouges est aujourd´hui une pratique très courante, il n´en va pas de même d´une sélection de vignes pour élaborer des vins rosés haut de gamme. Cette démarche innovante pourrait pourtant se développer dans les régions de rosés comme la Provence suite aux essais menés depuis 2003 par l´ICV (Institut coopératif du vin). « Nous sommes capables d´estimer avec pertinence le potentiel qualitatif d´un vignoble pour des vins rouges, note Benoît Verdier, consultant du département vigne et vins de l´ICV. Mais pour les rosés, nous n´étions pas certains jusqu´à présent de posséder les bons indicateurs. » Les essais ont porté sur la microvinification de parcelles de syrah, de grenache et de cinsault à deux stades de maturité différents. Au final, quelques surprises. Selon, l´ICV, ce sont l´intensité du rationnement hydrique de la vigne et l´état sanitaire des grappes qui s´avèrent déterminants pour la sélection des parcelles à rosés haut de gamme.
« Toutes les parcelles qui, lors des essais, ont subi un fort rationnement hydrique ou des « coups de chaud » ont été jugées non conformes aux objectifs, » souligne Benoît Verdier.

« Des critères visuels fiables et simples à mettre en oeuvre sont ainsi en cours de validation comme le taux d´arrêt de croissance de la vigne, la coloration ou la chute des feuilles. » Parallèlement, le rapport SFE/P(1) ne se révèle finalement pas un indice aussi pertinent que pour les rouges. Au delà de 1,2 m2/kg, les vins rosés peuvent être trop colorés et/ou manquer de fraîcheur aromatique. « Si la maturité est très avancée et la teneur en anthocyanes élevée, les vins seront foncés, donc pas forcément compatibles avec les objectifs du marché des vins rosés, indique Benoît Verdier. Ces parcelles sont à orienter vers l´élaboration de rouges ou à récolter plus tôt pour limiter les risques d´excès de couleur. »
En dessous d´un rapport SFE/P de 0,6, les défauts sensoriels sont par ailleurs fréquents. Entre les deux valeurs, le rapport est insuffisant pour évaluer précisément le potentiel oenologique de la parcelle. Il doit être confronté aux indicateurs de l´état sanitaire et de l´état hydrique de la vigne. Par contre, l´estimation du rapport SFE/P est un outil pour planifier la récolte et réceptionner dans de bonnes conditions des apports à maturité homogène.
La Provence, grande région productrice de rosés, pourrait profiter des résultats de l´ICV pour améliorer les critères de sélection des parcelles. ©D. R.

(1) Surface foliaire exposée (m2)/charge (kg)
Contact : B. Verdier : 04 90 12 42 63

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