Réussir vigne 16 décembre 2002 à 15h15 | Par Julien Huchette

Santé et Environnement - Des produits phytosanitaires de plus en plus concentrés

Les doses à l´hectare se réduisent, les produits se concentrent. Mais, au dire des scientifiques, on s´oriente plutôt vers une baisse de la nocivité.

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Des viticulteurs s´interrogent sur les nouveaux produits phytosanitaires. « Les doses à l´hectare diminuent. Les quantités de produits sont de plus en plus réduites et les concentrations de plus en plus importantes. On a dans les mains des produits hyper concentrés. » Et certains de penser à une nocivité accrue, à la fois pour le manipulateur et pour l´environnement. « La première réaction, explique Bertrand Bourgouin du Service de la Protection des Végétaux des Midi-Pyrénées, serait effectivement de penser que plus c´est concentré, plus c´est dangereux. En fait, les produits sont moins toxiques qu´auparavant notamment parce qu´ils sont moins polyvalents. » Daniel Marzin, président de la Commission des Toxiques, donne quelques exemples. « Si l´on prend le cas des insecticides, avant, certains produits comportaient des cholinesterases*, une matière active qui n´était pas spécifique et par conséquent toxique pour l´homme. Aujourd´hui, on a des molécules qui bloquent la synthèse de la chitine, les insectes ne peuvent pas muer et meurent, ils n´ont aucun mode d´action contre l´homme. »

Les risques au niveau de l´utilisateur sont mieux pris en compte
Il en est de même pour les fongicides. « Un anti-fongique qui a été récemment mis au point a été testé sur un chien à la dose de 1 g/kg/jour pendant un an sans constater le moindre effet secondaire. »
« De façon plus générale, ajoute-t-il, les recherches toxicologiques sont de plus en plus fiables. Nous avons beaucoup plus d´études qu´auparavant. Si les concentrations sont plus importantes, c´est que les essais sont plus pointus, les doses mieux ajustées. » Bertrand Bourgouin précise ainsi que « les autorisations de mise en marché (AMM) deviennent de plus en plus exigeantes. » Il ajoute que, d´autre part, « un effort important a été fait sur les formulations. Les risques de l´exposition au niveau de l´utilisateur sont de plus en plus pris en compte. »

Les poudres mouillables laissent de plus en plus la place aux concentrés émulsionnables, aux granulés ou aux solutions. Ce qui n´empêche pas la mise en garde de la MSA. Jean Pierre Grillet de la Caisse Centrale précise : « il faut bien différencier toxicité aiguë et toxicité chronique. Il est vrai que la toxicité aiguë décroît. Quant à la toxicité chronique, bien qu´elle soit mesurée sur modèle animal, on manque de recul pour évaluer l´impact des nouveaux produits sur l´hom-me. » Ce qui préoccupe également la MSA est le fait que des produits soient homologués sous réserve de certaines conditions d´application. « On sait bien qu´un viticulteur ne peut pas gérer pendant huit heures à la fois son traitement et sa protection comme l´utilisation d´un masque, le port de gants et d´une combinaison. Ce n´est pas réaliste. »


*Enzymes qui participent au fonctionnement du système nerveux.

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