Réussir vigne 15 janvier 2009 à 15h26 | Par C. Galbrun

Réglementation - L’impasse technique menace

De nouveaux critères d’exclusion des produits phytosanitaires sont à l’étude au niveau européen. Selon l’IFV, cela ne peut que conduire à des impasses techniques, avec pertes de récolte à la clé et au final des répercussions sur le revenu et l’emploi viticoles.

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Le recours au cuivre ’pourrait être interdit si les propositions de restriction de substances actives du Parlement européen étaient adoptées
Le recours au cuivre ’pourrait être interdit si les propositions de restriction de substances actives du Parlement européen étaient adoptées - © DR

Les arbitrages n'ont pas encore été rendus sur les propositions mises sur la table à la fois par la Commission européenne et par le Parlement européen concernant les nouveaux critères toxicologiques et écotoxicologiques d'exclusions de certaines substances actives. Mais l'IFV a d'ores et déjà conduit une étude prospective afin d'étudier les conséquences techniques et économiques de ces éventuels retraits. Et quelque soit la version retenue, sachant que celle présentée par le Parlement européen est la plus sévère, l'adoption de ces nouveaux critères va conduire à des impasses techniques en matière de lutte contre l'oïdium, les tordeuses de la grappe ou la pourriture grise, s'alarme l'étude de l'IVF. L'élimination de certaines molécules pourrait même entraîner, par endroit, la destruction totale de la récolte en cas de forte pression mildiou, met en garde l'IFV. Avec inévitablement des conséquences sur le revenu et l'emploi et au-delà sur les résultats de la filière à l'export et sur le marché français.

Principe d'alternance remis en cause

Dans le cadre de la lutte contre le mildiou, 21 substances actives homologuées ont été passées au crible et dans la proposition du Parlement, seul le dimétomorphe serait approuvé. Même le cuivre se retrouverait exclu car jugé dangereux pour les abeilles. « Le principe d'alternance des familles chimiques pour limiter les résistances risque d'être sérieusement remis en cause », estime Thierry Coulon, de l'IFV. En ce qui concerne l'oïdium, le Parlement est encore plus restrictif : toutes les substances homologuées sont exclues ou à substituer y compris les QoI et le folpel. Dans la version Commission, subsistent les QoI mais sont retirés les triazoles, le dinocap et le quinoxyfène ainsi que toutes les associations comprenant ces substances. Contre le botrytis, toujours selon la version de la Commission, l'iprodione et le thirame seraient exclues et le cyprodinil à substituer. Cette décision permettrait encore l'alternance. Mais cette possibilité se verrait largement limitée si la proposition parlementaire était acquise avec la substitution demandée du fluazinam et du thiophanate méthyl. En matière d'insecticides, (tordeuses, cicadelles, pyrales...), aucune des substances actives actuellement homologuées n'est retenue par le Parlement. Côté Commission, on peut noter l'exclusion définitive du lufénuron, du flufenoxuron, de l'esfenvalerate et la probable exclusion de la deltaméthrine,du dimethoate et du bifenthrine. « Même si certains points d'interrogation subsistent au niveau de ce projet, cela ne peut que renforcer nos intentions d'avancer sur des programmes de protection alternatifs aux phytosanitaires », indique encore Thierry Coulon.

 

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