Réussir vigne 28 juillet 2004 à 17h26 | Par Catherine Bioteau et Claudine Galbrun

Réforme des AOC viticoles - Imaginer une autre voie que l´AOC à côté de l´AOC

Si la Cnaoc partage le constat dressé par René Renou, elle rappelle toutefois « son attachement à l´unité du concept d´appellation d´origine » et plaide pour la création et la coexistence d´une autre logique de production « plus libérale ».

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«Les solutions proposées par René Renou, si elles ont le mérite d´exister et de relancer le débat, ne sont pas celles à mettre sur la table », estime Christian Paly, président de la Cnaoc (Confédération nationale des producteurs de vins à AOC).

Elles pourraient induire des effets indésirables comme l´augmentation de la confusion dans l´esprit des consommateurs, une libéralisation des pratiques mal perçues en AOC ou encore une remise à plat des hiérarchies existantes dans certaines appellations.
La Cnaoc considère en effet que la création de plusieurs catégories d´appellation d´origine ne serait « qu´une fuite en avant », passant les bons élèves dans la classe supérieure et abandonnant les élèves en difficulté.

Elle se risque même à prédire que dans vingt ans, si tout le monde passe en AOCE, le problème se posera alors dans les mêmes termes qu´aujourd´hui. « Faudra-t-il alors créer une super AOC d´excellence ? » Par contre, la confédération partage le constat dressé par le président de l´Inao sur au moins trois points.
Un : il est clair que les appellations françaises sont rentrées, pour une majorité d´entre elles, dans une crise structurelle qui demande des mesures structurelles.

Deux : au sein des appellations, il y a des vignerons qui ne peuvent ou ne veulent pas jouer le jeu de l´AOC et ne respectent pas les conditions de production.

Trois : le marché a évolué, la France doit faire face à des concurrents internationaux armés.

« Face à ce constat, l´alternative est simple : soit on ne bouge pas mais c´est suicidaire, soit on réforme. Mais cela nécessite une vaste réflexion qui doit englober aussi les vins de pays et ne pas se limiter aux seules AOC », souligne Christian Paly.

En ce qui concerne les AOC, la Cnaoc prône la « poursuite sans relâche des travaux sur le suivi et le contrôle des conditions de production » et veut entamer la rénovation des principes de l´agrément. « La priorité de la filière doit être avant tout de conforter l´appellation d´origine comme signe de qualité. »

Des productions adaptées aux marchés
Dans ces conditions, il peut être effectivement nécessaire de revisiter les décrets et de les actualiser voire même de proposer des conditions de production adaptées à la réalité des marchés.

Le secteur des AOC, poursuit encore la Cnaoc, sera d´autant plus fort que coexistera une autre logique de production plus libérale et parfaitement distincte. Cette seconde logique pourrait s´appuyer sur la création de vins de pays régionaux, là où ce serait nécessaire ou sur des vins de table qualitatifs avec des pratiques oenologiques et un étiquetage renouvelé.

« Chaque viticulteur devra alors choisir son mode de production, peut-être très en amont pour chacune de ses parcelles, mais la mixité sera possible », indique Christian Paly. Ce qui constitue un véritable défi collectif, estime encore la Cnaoc. Car inévitablement va se poser la question de l´attractivité de cette seconde logique et la mise en oeuvre de cette coexistence.

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