Réussir vigne 12 mars 2007 à 17h59 | Par Claudine Galbrun

Réforme de l´OCM - La CCVF s´invite à Bruxelles

A l´issue de sa rencontre avec la commissaire européenne à l´Agriculture, la CCVF mesure l´étendue du combat qu´il reste à mener pour la convaincre des risques que font courir à la filière la libéralisation des plantations et de l´étiquetage.

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" Un vent de libéralisme souffle à Bruxelles et il est assez inquiétant ", a souligné Denis Verdier, président de la CCVF, après avoir rencontré en compagnie d´une délégation de coopérateurs, Mariann Fischer-Boel, sur la réforme de l´OCM vin. " Nous n´avons pas réussi à lui faire admettre qu´il ne faut pas libéraliser les plantations. Cela est pourtant extrêmement grave. Si nous faisions cela, nous n´aboutirions qu´à favoriser des concurrences déloyales. "
La commissaire semble avoir arrêté sa position sur ce point comme sur celui de l´autorisation de la mention du cépage sur les vins de table. " La commissaire veut mettre en place une filière totalement libre dans le vin, sans limitation de plantations et avec un étiquetage libéralisé. C´est jouer aux apprentis sorciers que de miser sur un libéralisme absolu. Mais nous n´en serions sans doute pas là si nous avions avancé plus vite sur le dossier Vin de pays des vignobles de France en ne laissant pas le loisir à tout un pan de la filière d´expliquer à Madame Fischer-Boel les bienfaits d´une libéralisation de l´étiquetage ", considère Jean-Louis Piton, vice président de la CCVF. En revanche, la notion d´un pilotage " intelligent " de l´arrachage fait son chemin : si la décision d´arracher resterait individuelle et volontaire, l´État membre aurait la possibilité de mettre en place des critères sélectifs. " Mais si cet arrachage doit être intelligent, il doit aussi être honorable ", estime Denis Verdier. Ce qui suppose la mise en place d´une pré-retraite et l´assurance de son financement qui serait désormais pour partie assuré par Bruxelles et par l´État membre.
La délégation de la CCVF a tenté de convaincre la commissaire européenne à l´Agriculture que certains points de sa réforme menaçaient gravement la filière viticole française. ©D. R.

Le co-financement en question
" Je n´ai pas manqué de faire état du danger que cela pouvait représentait ", indique Denis Verdier." Lorsqu´on va se retourner vers l´État membre pour lui demander sa quote-part, on risque de s´entendre dire qu´il n´y a plus de sous. » Mariann Fischer-Boel pourrait se rendre en Languedoc en juin afin d´évoquer la pérennité de ce cofinancement. " Ce qui nous permettra de sonder les acteurs pouvant être concernés comme les Conseils de Région. Cette rencontre est d´autant plus importante que la Commissaire doit présenter ses propositions officielles de réforme en juillet. " Enfin dernier point d´ouverture : l´appui aux investissements des entreprises. " Ceci pourrait s´accompagner d´une notion de coresponsabilité et d´extension des règles permettant une vraie régulation de la production ", estime Jean-Louis Piton. Face aux enjeux " considérables " que recouvre cette réforme, Denis Verdier a annoncé qu´il abandonnerait des responsabilités locales pour mieux se mobiliser.

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