Réussir vigne 22 avril 2002 à 13h39 | Par Claudine Galbrun

Réforme à l´INAO - De l´intérêt d´une réforme pour une AOC synonyme de qualité

L´AOC doit-elle devenir un signe de qualité ? C´est sans aucun doute la volonté de l´Institut National des Appellations d´Origine en mettant sur pied la réforme de l´agrément.

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Il fut un temps, pas si lointain, où l´AOC ne certifiait que l´origine d´un vin et n´en garantissait que sa typicité. Que le consommateur s´en satisfasse ou non, qu´il amalgamât cette notion à un signe de qualité : « peu me chaut » , disait l´Inao. Le directeur de l´Inao de l´époque avait d´ailleurs osé déclarer que les vins AOC n´étaient guère exempts de tout reproche qualitatif d´un point de vue organoleptique. Scandale ! Les temps ont bien changé. Pour l´actuel président du comité des vins de l´Inao, René Renou, la garantie de l´origine est une condition nécessaire mais non suffisante. Il faut lui adjoindre une garantie de qualité pour obtenir une AOC parfaite. C´est sans doute tout le sens qu´il faut attribuer à la réforme de l´agrément qu´il a engagé dès sa nomination en mars 2000, à la tête du comité des vins. Cette réforme se concrétise aujourd´hui par la publication de deux décrets, l´un concernant la procédure de dégustation des vins, l´autre relatif aux conditions de production et de rendement.
Ce dernier texte étant la pierre angulaire de la réforme : « si tout a été mis en ouvre au vignoble pour respecter les termes du décret, la dégustation ne sera plus qu´une formalité », indique René Renou. Mais il faut voir aussi dans ce « resserrage de boulons », la volonté de répondre aux critiques « très justifiées » adressées aux vins d´AOC et au fonctionnement de l´institut. Et René Renou de citer certains journalistes ou acheteurs britanniques n´hésitant pas à tirer à boulets rouges sur l´Inao, estimant qu´il « ne sert plus à rien ». Son objectif est peut-être aussi de redonner confiance aux vignerons français : « On a une fâcheuse tendance à se culpabiliser, une espèce de rage de perdre. On s´autoflagelle. On se met plus bas que terre. Il est vrai qu´actuellement, les vins du Nouveau Monde sont à la mode. Mais il faut savoir raison garder. Les vins d´AOC représentent 40 milliards de francs à l´export et ne coûtent que 80 millions à l´Etat. Heureusement que ça va mal, sinon que ferions-nous de tout cet argent ? »
« Les AOC représentent la plus belle part de rêve du vin, dommage qu´elles ne tiennent pas leurs promesses », rappelle le président en rapportant une nouvelle fois des propos tenus Outre-Manche. « Lorsque le vigneron respecte les engagements définis dans le décret, il n´y a pas de problème et les vins sont dignes de fierté ». Un message qu´il va falloir également porter auprès des acheteurs tentés par ces vins étrangers. « Avant on était tranquille. Mais cette nouvelle concurrence internationale est une grande chance pour les AOC puisqu´elle va nous obliger à nous sortir de nous mêmes pour démontrer qu´on est toujours les meilleurs ».
L´Inao vu de Grande-Bretagne « Arrogance et contraintes »
René Renou n´a pas tort lorsqu´il fait état du sentiment qui règne à l´égard de l´Inao en Grande-Bretagne. Voici le point de vue de Mark Lynton, pdg de LGI, importateur de vins en Grande-Bretagne. «L´Inao ne sait qu´imposer des contraintes et celles-ci conduisent la viticulture française à la faillite. L´institut fait preuve d´arrogance et ne cherche pas à comprendre ce qui se passe dans le monde. Les australiens, par exemple, ont su répondre aux nouvelles demandes du consommateur. Ils travaillent librement et sont capables de tout changer pour produire des raisins de qualité. Les vins français aujourd´hui ne sont pas bons et les AOC, en particulier, sont les pires. Un cabernet-sauvignon du Chili est bien meilleur qu´un bordeaux rouge moyen, souvent astringent et au final, imbuvable selon l´esprit mondial. Au moins, les vins de pays cherchent à faire comme les australiens et se posent d´abord la question de savoir ce qu´est un bon vin. L´Inao ne change rien à son attitude et tant pis pour le consommateur si le vin produit ne lui plaît pas. Et celui-ci ne pourra même pas acheter des vins étrangers car la France a une attitude protectionniste. Tout ceci est vraiment triste car malgré tout, j´aime beaucoup la France ».

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