Réussir vigne 06 avril 2001 à 10h05 | Par Claudine Galbrun

Qualification des exploitations : pas si simple

La qualification des exploitations suppose la mise en place d´un référentiel technique unique afin d´homogénéiser la démarche. Sa rédaction n´est sans doute pas si simple. Du niveau d´exigences requis, dépendra le nombre d´agriculteurs impliqués dans cette démarche d´agriculture raisonnée.

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En la matière, la viticulture a pris les devants en élaborant très rapidement et bien avant que les discussions ne s´engagent dans les autres filières, un socle commun de la viticulture raisonnée. Celui-ci n´est pas exempt de tout reproche. Certains y ont vu une simple politique d´affichage afin de montrer que la viticulture est "propre". "Ce socle commun existe mais il est vide. On a fixé des engagements, défini des objectifs mais quid des obligations à remplir ?", se demande Pascal Hardy, du CDB (Comité de développement du beaujolais) et animateur de Terra Vitis, association qui rassemble des viticulteurs engagés dans une démarche d´agriculture raisonnée, selon leur propre cahier des charges. Ce que confirme Thierry Coulon, de l´ITV. "Aujourd´hui, il n´y a pas de référentiel de viticulture raisonnée. Le socle commun étant simplement le listage des pratiques qui s´imposeraient par voie réglementaire au viticulteur et qui devrait devenir opposable aux tiers". Par contre, le référentiel de production intégrée, mis au point par un groupe de travail et l´ITV, a lui, désormais une réelle existence. "Il représente l´état technique du possible en matière de conduite du vignoble dans l´optique du respect de l´environnement, tout en faisant aussi état des impasses techniques.
C´est un support autour duquel on va pouvoir dans des conditions éthiques, organiser une démarche globale pour aller vers le mieux", précise Thierry Coulon. Mais il n´est pas possible aujourd´hui de s´appuyer sur la totalité de ce référentiel de production intégrée pour définir ce que sera le niveau d´exigences légales demandées au viticulteur. "Mettre en ouvre ce référentiel ne peut relever que d´une démarche volontariste par un groupe de viticulteurs motivé et leader qui vont avancer et permettre d´entraîner toute la filière". Et l´Onivins de renchérir : "Ce qui est possible au niveau d´une élite ne l´est pas pour la masse". Or, il y a bien un point sur lequel tout le monde est d´accord : une majorité d´agriculteurs, au moins 80 % dans les cinq ans, doivent avoir engagé une démarche d´agriculture raisonnée. Il ne faut donc pas placer le curseur trop haut. D´autant plus, que nombre d´exploitations viticoles, estime Pascal Hardy, sont bien éloignées de l´agriculture raisonnée. "Il y a un décalage entre les discours politiques et la réalité du terrain".
Pour l´heure, professionnels et pouvoirs publics planchent sur les différents points à prendre en compte dans l´exploitation (gestion des ressources en eau, diminution de la pollution de l´air, de l´eau, des sols, gestion du sol, biodiversité, paysages, gestion des déchets, consommation d´énergie) en attendant d´établir les recommandations techniques idoines. Ce qui permettra ensuite de réaliser un diagnostic de l´exploitation et un plan d´amélioration.

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