Machinisme 08 mars 2013 à 14h02 | Par Ludovic Vimond

Prototype - Une nouvelle machine à tirer les bois dans le Val de Loire

Viticulteur dans le Saumurois, Jean-Yves Dézé a conçu une machine à tirer les bois. son deuxième prototype était en démonstration début mars à Souzay-Champigny.

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(© L.Vimond)

A la tête d'une exploitation viticole d'une vingtaine d'hectares à Souzay-Champigny, Jean-Yves Dézé a conçu en trois ans sa propre machine à tirer les bois. "L'idée de mécaniser le tirage des bois me plaisait, explique-t-il. Mais les premières machines que j'ai pu voir ne me convenaient pas, car elles tiraient les sarments par le haut. Hors avec des bois fourchus, cela sollicite le palissage."
Le viticulteur décide donc de concevoir sa propre machine en recopiant le geste manuel pour tirer les bois par le côté. Après avoir conçu un premier prototype qu'il améliore au fur et à mesure les deux premières années, il se rapproche de la société Provitis qui conçoit un deuxième proto en corrigeant certaines faiblesses du premier.
L'appareil se compose d'une roue étoilé positionné à l'extérieur du palissage qui pousse les sarments vers la machine. Deux paires de roues aidées par une chaîne d'amenage pincent et happent les sarments et les éjectent au centre de l'interrang. Une barre empêche le fil du haut d'être happé à son tour. "La roue étoilée, c'est la main. La barre, c'est l'épaule et les pneus, c'est le bras", résume Jean-Yves Dézé.
Monté sur un mât frontal polyvalent, l'appareil évolue à 4,5 km/h dans les vignes abattant un hectare en deux heures, contre une trentaine d'heures pour le tirage manuel.
Pour ce qui est de la préparation de la vigne, les fils intermédiaires sont posés à terre. Cette opération devrait être évitée sur la version commerciale (2013-2014) de cette machine, qui devrait recevoir deux préhenseurs de fil et deux diabolos soulevant les fils intermédiaires à hauteur du fil supérieur.
Jean-Yves Dézé insiste cependant sur la façon d'attacher la baguette sur le fil. "Il faut éviter de l'enrouler autour du fil, comme cela se pratique dans la région, et juste l'attacher sans la faire passer sous le fil du bas. De cette façon, l'hiver qui suit, cela évite d'arracher le fil avec la machine et de couper la baguette d'un an en plusieurs fragments pour tirer les bois plus facilement. Au contraire, il faut éviter de couper pour emmener plus facilement l'ensemble."
Le second prototype affiche des bons résultats en qualité de tirage, avec plus de 95 % des sarments ôtés.
Annoncée à un plafond de 20 000 euros (sans le mât), la version commerciale devrait encore améliorer les résultats. Davantage carénée avec une tôle réglable pour s'adapter aux caractéristiques de la vigne, elle bénéficiera de deux disques ameneurs au lieu d'un seul, ainsi que de deux cylindres caoutchoutés à la place des pneus. Les deux disques ameneurs seront montés sur un système d'effacement à ressorts permettant de contourner les piquets, plutôt que d'avoir à piloter l'ouverture depuis la cabine. Les deux cylindres seront positionnés de façon à happer à l'oblique et non perpendulairement au rang. Ils devraient bénéficier d'un écartement hydraulique. Cette machine devrait nécessiter 30 à 35 l/min de débit hydraulique.

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