Réussir vigne 23 avril 2003 à 13h15 | Par Catherine Bioteau

Produits phytosanitaires/Résidus - Les LMR vins discutées à l´OIV

D´ici un ou deux ans, les teneurs en résidus de produits phytosanitaires seront réglementées dans les vins. La France vient de faire une proposition à l´OIV.

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Le dossier des limites maximales de résidus dans les vins, dit « LMR vins », progresse. Il sera rediscuté à l´Organisation internationale de la vigne et du vin à la fin du mois, afin de fixer des limites maximales de résidus de produits phytosanitaires à ne pas dépasser dans les vins. La France a fait une proposition de teneurs suite, entre autres, à une étude de trois ans sur les teneurs dans les raisins et dans les vins de 32 molécules (28 matières actives et 4 métabolites), pour lesquelles on manquait de données. « Sur ces 32 molécules, seulement 13 ont été retrouvées dans les vins (voir encadré), 8 n´ont été détectées que dans les raisins, pas dans les vins, 11 ne se retrouvent ni dans les raisins ni dans les vins », résume Magali Grinbaum, de l´unité ITV France d´Orange, qui se veut rassurante : « peu de molécules risquent de se retrouver dans les vins à des teneurs supérieures aux LMR proposées si l´on respecte les doses et les délais avant récolte. » Peu mais quelques unes.
©D. R.


Dépassements observés
Des dépassements ont été observés notamment avec le thirame, retrouvé jusqu´à 0,68 mg/l alors que la LMR proposée est de 0,1 mg/l. « Son délai d´utilisation avant récolte est de 28 jours, il en faudrait 60 », précise Magali Grinbaum. La pyriméthanil a également été retrouvée à 1,18 mg/l, sur un essai pour une LMR proposée à 1 mg/l. « Il s´agit d´un essai sur une parcelle traitée à la limite du délai avant récolte (35 jours), dans le Sud en conditions sèches. » D´une manière générale, l´étude a mis en évidence des teneurs en résidus plus élevées dans les régions viticoles du Sud de la France, lors d´années très chaudes et sans pluie. « Mais aucun résidu n´est toxique aux doses retrouvées », précise Mme Grinbaum. L´acide phosphoreux et le phtalimide, deux métabolites, ont également été détectés à des teneurs élevées (respectivement 12,60 et 1,14 mg/l), « mais ils ne sont pas reconnus comme toxiques ». « L´aspect toxicité est très secondaire, confirme un membre du groupe de travail, « on est trop loin des valeurs toxiques pour concerner le consommateur. »

L´intérêt est donc avant tout commercial. Les LMR vont permettre d´unifier les limites entre pays pour les transactions de vin. Par contre, si le respect de ces teneurs ne devrait pas trop gêner le viticulteur dans ses pratiques culturales, celui-ci devra peut-être supporter le coût des analyses nécessaires, souvent onéreuses.
Le dossier LMR ne devrait cependant pas aboutir avant 2004 voire 2005, indique l´OIV, le temps d´harmoniser les propositions françaises avec celles des autres pays et notamment celles de la Suisse et de l´Italie qui ont déjà fixé leurs propres limites.

* L´étude française a été menée par un groupe de travail coordonné par ITV France, comprenant des techniciens des différentes régions viticoles françaises et financé par l´Onivins. Le compte rendu est détaillé dans le numéro de mars 2003 de la Revue française d´oenologie.

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