Réussir vigne 20 septembre 2006 à 16h56 | Par Claudine Galbrun

Point de vue - " Il faut agrandir l´aire d´AOC de la Champagne " estime Francis Declerck

Afin d´éviter un emballement du prix de la bouteille de champagne qui pourrait être préjudiciable, mieux vaudrait agrandir l´aire d´appellation et augmenter les rendements autorisés, selon Francis Declerck, professeur à l´ESSEC Business School de Paris.

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Si aucune décision n´est prise concernant le rendement autorisé ou l´accroissement de l´aire d´AOC champagne, le prix de la bouteille pourrait grimper jusqu´à atteindre des niveaux incitant le consommateur à se détourner de ce produit au profit des crémants ou des vins mousseux italiens ou espagnols voire même des spiritueux, estime Francis Declerck. " Chaque fois que le prix du champagne augmente, Freixenet se frotte les mains. " L´économie champenoise suit en effet des cycles d´une période de dix ans depuis 25 ans, selon le modèle économique qu´il a développé. A des périodes de boom économique (1979, 1989, 1999) succèdent des périodes de récession ou de stagnation (1982, 1991-92 et 2000-01). Chaque cycle étant déterminé par le décalage entre le prix de la vendange et le prix de la bouteille prête à être dégustée tel que ce dernier avait pu être estimé, trois ans auparavant, au moment de la cueillette du raisin.
Ce qui n´a pas empêché la Champagne de connaître une croissance de la demande de 3 % par an. Les expéditions totales de champagne sont ainsi passées de 150 à 300 millions de bouteilles sans que le prix moyen de la bouteille, hors inflation, ne diminue, stagnant à 13 euros (HT). Un fait remarquable, selon Francis Declerck et obtenu grâce à une expansion des surfaces en production et à une augmentation des rendements. Mais depuis douze ans, le prix du foncier a été multiplié par cinq pour atteindre 500 000 ?/ha en moyenne.
Une offre contrainte par la limitation des surfaces en production
Cependant un nouveau cycle devrait se dessiner vers 2010. " Selon les indications fournies par le modèle, le prix du raisin devrait alors augmenter seulement de quelques ?, l´offre étant contrainte par la limitation des surfaces en production ", explique F. Declerk. En effet le prix du raisin et de la bouteille de Champagne ne peut augmenter dans les mêmes proportions que le prix du foncier viticole sous peine de voir la demande diminuer. " Je préconise pour éviter ce scénario dans un premier temps d´augmenter le rendement autorisé en le faisant passer de 10 400 kg/ha à 12 000 kg/ha ce qui permettrait d´obtenir un rendement maximum, selon les années à 15 000 kg et ainsi d´augmenter la production de bouteilles à 360 ou 370 millions de cols par an. Mais pour bien faire, il faut aller au-delà et accroître l´aire d´appellation en se fondant sur des critères agro-pédo-climatiques. Ce qui permettrait également de dégonfler la bulle spéculative autour du prix des vignes - celui-ci a été multiplié par 5 sur la période - qui ne reflète pas la hausse possible du prix des raisins et de la bouteille et qui pénalise les jeunes vignerons tant au niveau de l´installation que de la succession."

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