Réussir vigne 11 octobre 2004 à 18h24 | Par Steven Le Quellenec

Plants de vigne - Une distorsion de concurrence jugée inquiétante par les pépiniéristes

Les pépiniéristes français s´inquiètent des difficultés de délivrance des certificats phytosanitaires pour leurs exportations hors CEE.
Mais ils dénoncent aussi et surtout une distorsion de concurrence intra-européenne excessive et mettent en cause les 35 heures.

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Les pépiniéristes viticoles sont inquiets. Réunis à Arcachon le 27 août pour leur assemblée générale, ils ont tout d´abord mis en cause les tracasseries administratives dont ils s´estiment victimes, liées à la délivrance du certificat phytosanitaire pour l´exportation hors CEE. Depuis début juin, en effet, celle-ci n´est plus effectuée par l´Onivins mais par la Protection des végétaux, l´Europe exigeant désormais qu´un service unique (la DGAL) délivre les certificats d´export pour toutes les filières agricoles. D´où une source de complications (aller-retours de documents entre les deux services), selon les pépiniéristes et surtout des délais de délivrance trop longs. « Nous sommes conscients qu´il y a une période de rodage nécessaire pour la PV mais les délais actuels sont inacceptables », explique Jean-Pierre Mercier, président de la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV). Certains pépiniéristes évoquent même le risque de délocalisation d´entreprises vers des pays où l´exportation serait plus aisée.

Le retour au délai fixé auparavant de moins de 10 jours est vivement souhaité de même que la gratuité du certificat. Deux dispositions qui accentuent encore les distorsions de concurrence intra-européenne, estiment les pépiniéristes français. Ces derniers montrent en effet du doigt l´emploi de main d´oeuvre venue des pays de l´Est notamment en Allemagne et en Italie. Cette main-d´oeuvre reviendrait selon eux à 6 euros/h en Allemagne contre 12,7 en France. Et d´accuser les 35 heures. « Les 35 heures ont entraîné une hausse de nos charges de 28 % en cinq ans. En 2005, cette augmentation sera de 36 %. Il nous faut augmenter notre productivité mais cette course à la performance est freinée par des contraintes excessives », estime Jean-Pierre Mercier.

Le directeur de l´Onivins, Jean-Luc Dairien, venu conclure cette assemblée a insisté sur le fait que « les 35 heures ne doivent pas constituer l´élément principal des difficultés des pépiniéristes. Les succès d´entreprises ne se construisent pas sur une régression sociale. Et les problèmes de compétitivité ne se réduisent pas à la distorsion de concurrence. L´Italie n´a pas seulement un avantage grâce aux travailleurs albanais. D´accord pour une harmonisation européenne mais il faut regarder également le savoir-faire des autres, leurs investissements, leurs compétences en marketing et prendre des leçons ».

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