Réussir vigne 16 juillet 2003 à 12h56 | Par Julien Huchette

Plants de vigne - Les lots suspectés d´être vecteurs de la flavescence dorée seront traités à l´eau chaude

Les pouvoirs publics et les pépiniéristes se sont entendus : les lots suspectés d´être porteurs du phytoplasme de la flavescence dorée seront traités. Une alternative à la destruction a été trouvée.

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Le débat était plutôt agité ces derniers temps entre pouvoirs publics et pépiniéristes. La raison : la révision de l´arrêté de lutte obligatoire contre la flavescence dorée. Au nom du principe de précaution, les ceps contaminés par la flavescence dorée. Jusqu´à aujourd´hui, les ceps contaminés par la flavescence dorée étaient arrachés et la production de la vigne-mère suspendue pour une durée de deux campagnes. Cette mesure se poursuit. « La mise en circulation du matériel ne pourra être envisagée qu´à l´issue de la deuxième campagne de production sans symptômes observés sur la parcelle », indique Benoit Herlemont, expert vigne à la Protection des végétaux. « En cas de découverte d´une parcelle contaminée, l´ensemble des lots issus de la vigne-mère l´année précédant celle de la découverte des symptômes pourra être traité à l´eau chaude. A défaut, ils seront détruits ».

L´application de la règle communautaire (qui existait mais qui n´était pas appliquée car « oubliée » et « réactualisée » après le cas savoyard) aura donc amené les pouvoirs publics à remonter un an en arrière. On sait en effet qu´il existe un décalage d´une année entre la contamination par le phytoplasme et l´apparition des symptômes sur le cep : les bois produits l´année n-1 auront toutes les chances d´être contaminés si l´on observe la flavescence dorée sur le cep correspondant en année n. Pour les lots suspectés d´être contaminés (issus par exemple de vignes mères situées à proximité d´un foyer de flavescence dorée), les lots seront traités à l´eau chaude. Comme l´indique Benoît Herlemont, le traitement à l´eau chaude est « une souplesse réglementaire, c´est une alternative à la destruction ». Une mesure qui devrait rassurer les viticulteurs. En effet, le phytoplasme de la flavescence dorée peut se propager, entre autres, par les plants de vigne.
©D. R.

Pas de systématisation du traitement
Il existait donc un risque d´importer, via des plants infectés, le phytoplasme dans les vignobles. Ce qui constitue un danger potentiel pour toutes les régions et surtout pour celles où la maladie est encore absente mais où le vecteur (la cicadelle Scaphoïdeus titanus) est présent : cas du Val de Loire et de la Bourgogne notamment.
Toutefois, les pépiniéristes se refusaient à une systématisation du traitement des lots sur lesquels la présence du phytoplasme n´est pas prouvée, « juste suspectée ». La Fédération des pépiniéristes jugeant ainsi que « les traitements insecticides agréés (obligatoires sur les vignes mères) et dont les dates d´application sont préconisées par la Protection des végétaux, sont parfaitement efficaces pour la protection des vignes et l´arrêt de l´extension de la maladie ».

La Fédération souligne également que des problèmes de reprise des plants sont parfois constatés. « De plus, nous n´avons pas de recul pour connaître le comportement futur des plants traités ». Les coûts supplémentaires, les problèmes de logistique (transport vers des appareils qui restent encore peu nombreux sur le territoire national), ainsi que la peur de voir se banaliser le traitement à l´eau chaude, renforçaient cette « résistance ». La Protection des végétaux ayant rappelé « qu´il n´était pas question de systématiser le traitement à l´eau chaude », les choses ont évolué et un accord a été conclu. Il reste à définir qui va payer le coût de ces destructions ou traitements sur les lots suspects. Jusqu´à aujourd´hui, les pouvoirs publics ont apporté les fonds (jugés peu suffisants par la Fédération des pépiniéristes), les pourparlers continuent : la Protection des végétaux réfléchit à « un fonds d´indemnisation des productions végétales ». L´arrêté, aujourd´hui finalisé, n´est pas encore signé mais ne devrait normalement pas évoluer : il sera présenté au conseil spécialisé « bois et plants de vigne » de l´Onivins fin juin.

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