Réussir vigne 11 février 2016 à 08h00 | Par Xavier Delbecque

Phytos, les nouveautés 2016

Pour la prochaine campagne, de nombreuses nouveautés font leur apparition dans la lutte anti-mildiou, alors que les herbicides se raréfient de plus en plus. Le point sur les changements phytosanitaires en 2016.

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En 2016, les nouveautés phytosanitaires sont plus importantes dans la lutte anti-mildiou. Lors de cette campagne, il faudra composer aussi avec la baisse des solutions herbicides.
En 2016, les nouveautés phytosanitaires sont plus importantes dans la lutte anti-mildiou. Lors de cette campagne, il faudra composer aussi avec la baisse des solutions herbicides. - © S. Leitenberger / archives

Herbicides : bientôt la panne sèche

Le principal changement de la prochaine campagne réside dans la disparition de l’aminotriazole dans la palette des herbicides autorisés. Les recours de la firme Nufarm, ayant pourtant le soutien de la filière (y compris des instituts techniques) n’y auront rien fait. La molécule est interdite à la vente et à l’utilisation depuis le 31 décembre dernier. De son côté, Dow s’est vue retirer le Surflan (oryzalin) en mai. Sa commercialisation est d’ores et déjà interdite, mais l’utilisation reste possible jusqu’au 30 novembre de cette année. La société prévoit de remplacer la formulation par une nouvelle, mais dont la base associerait l’oryzalin à l’isoxaben. Nous n’avons cependant pas d’information sur l’échéance. De même, Emir et Sheik (oxyfluorfen) ne seront plus disponibles au-delà du 30 mai 2016, mais leur usage reste autorisé jusqu’au 30 mai 2017. Par ailleurs, Philagro confirme l’utilisation du Pledge (flumioxazine) pour cette campagne. Il n’y a aucune certitude quant à la ré-approbation de la molécule le 30 juin prochain, mais la firme lutte activement et se dit plutôt confiante.

Anti-mildiou : de nombreuses nouveautés

Dans la lutte anti-mildiou, une nouvelle molécule de la famille des QII, l’amisulbrom, fait son apparition. Elle sera commercialisée par Philagro, qui annonce une haute efficacité sur grappe et une bonne efficacité sur feuille. Cela grâce à une grande résistance au lessivage (action translaminaire) ainsi que des effets anti-sporulant, sporicide et anti-sporocystant. La matière active sera proposée en solo (Leimay) et en association avec folpel (Alkazar) ou mancozèbe (Camaro). Leimay est préconisé soit en fin de cycle soit en association (avec un métiram, fosétyl ou cuivre, par exemple). Alkazar, lui, est recommandé pour encadrer la floraison, et permet également un contrôle du black-rot. Camaro est homologué contre le rougeot parasitaire. Ces trois produits offrent une efficacité de 12 jours et sont limités à deux applications par an.

Syngenta lance de son côté Redeli, présenté comme un puissant stimulateur des défenses naturelles de la vigne contre le mildiou. À base de disodium phosphonate, il s’utilise obligatoirement en association et à dose unique (2,5 litres par hectare). Ce produit devrait rendre les programmes plus efficaces et permettre éventuellement des réductions de doses.

Autres nouveautés apportées sur le segment anti-mildiou : Resplend, développé par BASF et Quartet lux de Syngenta. La première formulation associe l’amétoctradine au diméthomorphe. La firme assure un haut niveau de protection feuilles et grappes pendant quatorze jours. Une seule application par an est autorisée. La deuxième se compose de phosphonate de potassium et ne présente qu’un effet partiel contre les oomycètes. Il est donc préférable de l’utiliser en association.

Enfin, l’Union Européenne examine actuellement une molécule provenant d’une nouvelle famille, les pipérydinyl-thiazoles isoxazolines, et déjà utilisée aux États-Unis. Il s’agit de l’oxathiapiproline, brevetée par DuPont. En cas d’approbation, la gamme anti-mildiou pourrait s’enrichir d’un systémique à action curative.

Anti-oïdium : peu de changement dans l’immédiat

Il n’y a malheureusement pas de grand changement dans la lutte contre l’oïdium pour cette campagne. Mais quelques innovations pourraient voir le jour prochainement. Nufarm développe un projet spécial vigne à base de tébuconazole et de soufre, mais doit faire face à un retard de lancement. Sapec Agro, quant à elle, a demandé une autorisation de mise en marché pour une formulation inédite associant le krésoxim-méthyl et le penconazole (familles respectives des Qoi et triazole). Les premiers tests réalisés montrent une synergie entre les deux substances, aussi significative sur oïdium que sur black-rot. BASF annonce également avoir des spécialités anti-oïdiums en préparation pour la campagne 2016-2017.

Anti-botrytis : Le biocontrôle dans les tuyaux

Un seul nouveau produit a été annoncé en 2015 : Prolectus, commercialisé par Philagro. Composé de fenpyrazamine (500 g/kg), il est présenté comme un produit haut de gamme à action translaminaire et ayant une grande efficacité sur les stades A (chute des capuchons) et B (fermeture de la grappe). Sumi Agro devrait également lancer une solution anti-botrytis en tout début d’année. Il s’agit d’un produit de biocontrôle issu d’une technologie de terpènes encapsulés (voir Réussir Vigne n° 218, page 21). À l’heure où nous bouclons, la décision d’AMM était toujours en attente. Le cadre réglementaire devra aussi être fixé pour cette formulation chimique d’un genre nouveau.

À noter que Bayer a, par principe de précaution, retiré le Luna Privilège du marché pour la campagne 2016. Le produit devrait faire son retour en 2017 après avoir subi de nouveaux tests de contrôle. Chez Syngenta, le produit Switch (cyprodinil et fludioxonil) est réhomologué, alors que Sekoya (fluazinam) se voit retirer définitivement du marché. Si la commercialisation est d’ores et déjà interdite, l’utilisation peut courir jusqu’au 23 décembre 2016.

Insecticides/acaricides : quelques variations

Il y a peu de nouveauté à proprement parler mais quelques changements sur ces deux segments. Heliosoufre, de la firme Action Pin, a vu son homologation étendue à la lutte contre le phytopte de l’érinose. Admiral Pro (pyriproxyfène), insecticide polyculture de Philagro, est désormais utilisable sur vigne pour lutter contre les cochenilles, de même que Fury 10 de Belchim (zétacyperméthrine) est maintenant homologué contre la cicadelle de la flavescence dorée et les tordeuses de la grappe. À noter que Dipel DF de Philagro, à base de Bacillus thuringiensis, a été réhomologué.

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