Réussir vigne 03 juillet 2006 à 12h11 | Par Claudine Galbrun

Nouvelles pistes - De la musique pour soigner les vignes

La musique adoucirait-elle aussi la vigne ? Oui, selon Yannick Van Doorne qui installe au vignoble des hauts-parleurs afin de stimuler la production de protéines permettant de lutter, entre autres, contre les maladies fongiques. Vivaldi avait tout compris !

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Quand il composa son " Printemps ", Vivaldi savait-il qu´avec sa musique il allait toucher au plus intime des êtres vivants ? Hasard, coïncidence ou parfaite communion avec la nature ? Près de quatre siècles plus tard, on a découvert que le fameux concerto recèle une succession de notes qui ont le pouvoir d´activer, au coeur des plantes, la production d´une protéine correspondant à la fécondité. Tandis que chez l´homme, ces quelques notes de musique favorisent la production d´actine, une autre protéine essentielle pour l´architecture et le fonctionnement des muscles. Et voilà pourquoi Yannick Van Doorne, fondateur de la société Ecosonic (Ain), installe des haut-parleurs dans les vignes. " A la fin de mes études d´ingénieur agronome en Belgique, je cherchais pour mon mémoire un sujet traitant de techniques alternatives aux produits chimiques pour lutter contre les maladies des plantes et c´est ainsi que je me suis intéressé à l´influence de la musique sur les végétaux. "
Bien avant Vivaldi, les chamans de la forêt amazonienne avaient déjà découvert que des chants, modulés sur une certaine fréquence, pouvaient accélérer chez une plante particulière la production de substances médicamenteuses. Et à chaque plante, son chant. " Chaque objet, chaque cellule d´une plante ou de tout être vivant, chaque organisme a sa propre fréquence de vibration. Si cette fréquence est émise, cela fait résonner la cellule ou l´organisme et va influencer ce qui se passe à l´intérieur ", explique Yannick Van Doorne. Ainsi a-t-on pu expliquer pourquoi les harmoniques printanières de Vivaldi pouvaient stimuler l´activité reproductrice des plantes : les protéines d´un gène codant la synthèse d´une substance à l´intérieur d´un être vivant vibrent à certaines séquences sonores. En émettant celles-ci, on peut influencer l´expression du gène et donc le métabolisme de la plante. Sachant qu´une séquence sonore correspond à une protéine.
" On a retrouvé ces mêmes homologies entre les codes des protéines et les chants des indiens amazoniens obtenus après être entrés en transe à la recherche de l´esprit de la plante. Ce qui ne peut être dû au hasard puisque selon les probabilités, on a une chance sur plusieurs millions de trouver la bonne séquence. Aujourd´hui, c´est une technique très pointue qui nécessite d´avoir accès aux codes génétiques des protéines pour ensuite développer les séquences sonores correspondantes qui vont catalyser, stimuler, interagir ou éliminer les molécules ciblées. Chaque séquence va ainsi véhiculer une information. "
Les haut-parleurs sont disposés dans la parcelle à raison d´un à cinq par hectare en fonction de la topographie des lieux. ©D. R.

" Des compositions musicales comparables à des chants d´oiseaux "
Yannick Van Doorne travaille avec des musiciens pour réaliser ces séquences sonores dont certaines, par exemple, celles qui stimulent l´ouverture des stomates des feuilles, ressemblent à des chants d´oiseaux. " L´art rejoint la science. Ce sont des compositions musicales très complexes, souvent mélodieuses mais impossibles à retranscrire. A une protéine, correspondent souvent plusieurs milliers de notes de musique. " Et c´est ainsi que des haut-parleurs vont diffuser ces mélodies qui vont permettre de lutter contre le botrytis en stimulant chez la vigne la production de protéines de défense naturelle comme le resvératrol ou les flavonoïdes, d´accroître le taux de sucre dans les baies en influençant la synthèse d´enzymes, de traiter les maladies à virus comme les maladies du bois ou à phytoplasme comme la flavescence dorée, d´accroître l´absorption foliaire, d´éloigner les insectes, d´accroître la résistance de la vigne à la sécheresse.
" Cette technique permettrait de trouver des solutions contre toutes les maladies et de façon tout à fait écologique. La diffusion des séquences doit seulement être faite régulièrement. Pour augmenter le taux de sucre, par exemple, l´installation sonore doit être mise en place un mois ou deux avant la récolte et les séquences sonores doivent être diffusées une fois par jour. " Yannick Van Doorne regrette qu´aucun organisme de recherche ne se soit investi dans ce domaine. " Dans une conception classique, c´est difficile à accepter. " Pourtant, il y a des résultats, affirme-t-il. " En Suisse, trois années de suite, nous avons obtenu sur une même parcelle une augmentation du taux de sucre comprise entre 5 et 10 %. " Certains ont déjà tenté l´aventure en France, en Suisse, au Canada mais reste à convaincre un plus grand nombre de vignerons que cette méthode 100 % naturelle marche. Peut-être qu´avec une séquence sonore bien inspirée.

Site Internet : www.ecosonic.net

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