Réussir vigne 28 mars 2007 à 13h03 | Par Claudine Galbrun

Mécanisation collective - La Cuma valorise bien le petit matériel

La polyvalence du travail est si bien développée dans les Cuma viticoles que beaucoup deviennent des Cuma intégrales. Et pour cause : l´usage en commun de petits matériels apporterait les plus gros gains de productivité.

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" La mécanisation collective est entrée en viticulture parce que la machine à vendanger est arrivée ", indique Marie-Josée Gardères, animatrice de la FDCuma de Gironde. " Mais, depuis 2004-2005, on assiste à un nouveau développement du réseau des Cuma avec le développement notable de la polyvalence c´est-à-dire l´utilisation du châssis de la machine à vendanger à des fins autres que la seule récolte du raisin comme l´effeuillage, le relevage, le prétaillage. Le châssis travaille ainsi de 700 à 800 heures/an au lieu de 150 ". Et de nouveaux ateliers se mettent en place également comme la pulvérisation. " Alors que jusqu´à présent, l´organisation de chantiers collectifs de pulvérisation était présentée comme impossible ", note encore Marie-Josée Gardères. Cette tendance à multiplier le nombre d´ateliers offerts par Cuma se vérifie au-delà des frontières girondines. C´est le cas en Charentes, par exemple. " Si le nombre de Cuma viticoles diminue, celles qui restent en place voient leur nombre d´adhérents s´étoffer et investissent dans d´autres matériels que la machine à vendanger ", constate Véronique Causse, animatrice de la FDCuma 16.
La plus grosse économie à attendre de la mécanisation collective concerne l´axe travaux du bois et travaux en vert où elle atteint 35 %. ©B. Compagnon

Aller vers le partage du petit matériel
Deux Cuma charentaises ont même créé un chai collectif et un troisième projet de ce type est à l´étude. Et les autres Cuma vont vers la diversification, jusqu´à proposer la chaine de travail complète. La FDCuma de l´Aude, département qui compte une centaine de Cuma viticoles, dans sa mission d´animation du réseau, incite d´ailleurs les Cuma à évoluer vers le partage du petit matériel (prétaillage, rognage, épamprage, effeuillage) et même à mettre en commun le tracteur pour l´utilisation de ces outils. C´est que les uns et les autres ont fait leurs comptes. " Quand tout allait bien, on ne raisonnait que fiscalement en cherchant à diminuer les charges ", souligne Marie-Josée Gardères. " Avec les difficultés liées à la crise, aujourd´hui, on cherche du revenu et donc à diminuer ses coûts de production. Or, le seul poste qui offre encore une marge de manoeuvre est la mécanisation. En Gironde, les charges de mécanisation vont du simple au double soit de 800 euros/ha à 1600 euros/ha. Ceux qui affichent les plus basses charges sont organisés collectivement avec tout leur matériel en Cuma. Ils n´ont donc que très peu d´investissement individuel.
Les viticulteurs girondins ont encore une marge de progression très importante en matière de charges de mécanisation. Mais ceci va nécessiter une sensibilisation très forte car on ne va pas changer en quatre années de crise, cinquante années de pratique et de richesse ". Nicolas Cazals, conseiller machinisme à la FDCuma de l´Aude a simulé à l´aide du logiciel Mecagest les coûts de production liés à la mécanisation et comparé leur montant dans le cas d´une exploitation viticole où tout le matériel est en individuel, et dans le cas d´une exploitation adhérente à une Cuma avec les coûts moyens de facturation constatés dans les Cuma audoises. Les coûts de mécanisation ont été réalisés par axe de matériel (tracteur, travail du sol, travaux du bois, travaux en vert, transport), le logiciel permettant ensuite de déduire des coûts/ha.
" L´intérêt économique du travail en Cuma ne porte pas que sur la récolte "
Sur l´ensemble des charges de mécanisation, être en Cuma permet une réduction de ces charges de 20 %. Sur le poste récolte, l´économie est aussi de 20 %. " Par contre, note Nicolas Cazals, la plus grosse économie à attendre de la mécanisation collective concerne l´axe travaux du bois et travaux en vert où elle atteint 35 %. Le réel intérêt économique du travail en Cuma ne porte donc pas que sur la récolte ". Ce calcul tient compte des frais d´amortissement. Sur une machine à vendanger, l´amortissement représente 60 % du montant total tandis que sur du petit matériel, l´amortisssement peut aller jusqu´à 70, voire 80 % de ce montant. " Cela coûte donc plus cher d´amortir seul du petit matériel. Mieux vaut l´amortir sur une plus grande superficie ", estime Nicolas Cazals.

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