Réussir vigne 15 mars 2017 à 08h00 | Par Clara de Nadaillac

Les professionnels quittent le CS de FranceAgriMer

Des retards de décaissement des aides européennes et une transmission tardive du plan national d'aides (PNA) à la Comission ont mis le feu aux poudres.

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Patrick Vasseur, Thomas Montagne, Bernard Farges, Michel Servage et Rémi Gautier ont fait part de leur exaspération à la presse, suite à leur départ du CS de FranceAgriMer.
Patrick Vasseur, Thomas Montagne, Bernard Farges, Michel Servage et Rémi Gautier ont fait part de leur exaspération à la presse, suite à leur départ du CS de FranceAgriMer. - © C. de Nadaillac

Une fois n'est pas coutume. Ce mercredi 15 mars, les responsables professionnels de la filière ont quitté le conseil spécialisé (CS) de FranceAgriMer comme un seul homme, pour exprimer "le ras le bol de la profession", selon Bernard Farges, président de la Cnaoc.

Ce mécontentement généralisé fait suite à de nombreux retards dans le paiement des aides. Des retards relevés dans toutes les régions, mais fortement accentués dans le Languedoc-Roussillon. "Nous attendons toujours le versement des soldes des aides à la restructuration 2015 et 2016", indique ainsi Michel Servage, président de la Confédération des vins IGP. Ces retards viennent s'ajouter aux problèmes de marché qui sévissent déjà dans le Languedoc, mettant à mal de nombreuses trésoreries. Et empêchant certains vignerons de mener à bien leur programme de replantation, faute de pouvoir payer leur pépiniériste.

La situation n'est guère plus reluisante du côté des aides à l'investissement, dont les dossiers sont de plus en plus complexes à remplir. "La simplifcation mise en avant par la Commission n'est pas au rendez-vous", glisse Thomas Montagne, président des Vignerons Indépendants de France. Qui poursuit en faisant part des "retards ubuesques sur les téléprocédures obligatoires, en raison d'un module informatique manquant"...

Le budget de l'OCM viti-vinicole sur la sellette ?

Ces retards amènent logiquement les responsables à se poser des questions sur la consommation de l'enveloppe, qui s'annonce une fois encore compliquée. "FranceAgriMer nous a annoncé que le retard devrait être résorbé d'ici le mois d'octobre. Nous avons du mal à y croire", poursuit Michel Servage. Car face à cette bronca, FranceAgriMer aurait annoncé l'embauche de 15 ETP, qui viennent s'ajouter aux 12,5 obtenus suite au CS de février. Une mesure qui arrive bien tard aux yeux des professionnels qui réclament davantage de moyens de manière pérenne depuis plus de six mois. Et qui fait craindre une non-consommation de l'enveloppe totale au 15 octobre. Or, une non-consommation signifierait le renvoi vers Bruxelles des montants non décaissés. Un manque à gagner pour la filière et un mauvais signal envers la Commission. Car avec le Brexit, le budget de la PAC va être revu. Et il ne s'agirait pas que l'enveloppe destinée à l'OCM viti-vinicole soit diminuée faute de consommation, comme le fait remarquer Patrick Vasseur de la FDSEA Gironde.

Last but not least, les professionnels dénoncent une transmission très tardive du PNA pour l'année en cours par le ministère de l'Agriculture à la Commission européenne. "Nous pensions qu'il avait été notifié il y a un mois, mais il ne l'a été que le 7 mars", indique Thomas Montagne. Un retard non acceptable aux yeux de la filière, qui espère que tout sera mis en œuvre pour une réponse de la Commission d'ici le prochain CS, mi-avril. Et si tel n'était pas le cas ? "Nous n'osons pas l'imaginer", lance Bernard Farges. "Ça aura bougé en région d'ici là", renchérit Thomas Montagne. Et pour cause. Une manifestation est déjà prévue à Narbonne le 25 mars...

Clara de Nadaillac

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