Réussir vigne 15 octobre 2014 à 08h00 | Par Clara de Nadaillac - Isabelle Montigaud

Les premiers utilisateurs d’ESK Protect sont plutôt satisfaits

Un amendement à base de charbon et d’argile, ESK Protect, semble faire ses preuves contre l’esca. Retour d’expériences sur un nouveau mode de lutte contre cette maladie du bois.

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Présenté sous forme de granulÉs, ESK Protect est un amendement à base 
de charbon et d’argile qui s’épand tous les 3 ou 4 ans .
Présenté sous forme de granulÉs, ESK Protect est un amendement à base de charbon et d’argile qui s’épand tous les 3 ou 4 ans . - © Callegari Distribution

Formulation à base de charbon végétal et d’argile distribuée par Michaël Paetzold, ESK Protect agit par polarité. “ Il piège les spores des champignons de l’esca et leurs toxines ”, explique Florence Rudeaux, ingénieur chez Callegari Distribution, société qui fabrique le produit. Ses premiers utilisateurs en sont satisfaits, comme en témoigne Roger Chabot, viticulteur en Charente. “ J’ai été le premier utilisateur d’ESK Protect sur vigne dès 2010 sur un hectare d’ugni blanc, cépage sensible à l’esca. J’avais utilisé 600 kg/hectare de produit en poudre déposé de chaque côté du rang avec des coutres enfouisseurs. Les résultats de cette première année d’expérimentation étaient encourageants avec un taux de réduction d’esca de 50 % par rapport au témoin non-traité au milieu de la parcelle. En 2011, les résultats étaient moins bons mais quand même visibles. Ils étaient plus spectaculaires en 2012 et 2013. Mais ce n’est pas non plus le produit miracle ! ”


Plus d’efficacité 2 ou 3 ans après l’application


Même son de cloche chez Frédéric Bouché, exploitant à Courpignac en Charente-Maritime : “ J’ai utilisé ce produit sous forme de poudre en décembre 2010. Je l’ai enfoui avec une sous-soleuse sur huit rangs d’Ugni blanc, à raison de 300 ou 400 kg/ha. Depuis deux campagnes, je constate une nette différence de mortalité entre ces rangs et le reste de la parcelle. Je n’ai pas plus de 2 à 3 % de pieds atteints d’esca sous sa forme apoplectique, contre environ 10 % ailleurs. Ce n’est pas parfait, mais c’est toujours mieux que rien. ” Ce viticulteur compte donc étendre l’application d’ESK Protect au reste de la parcelle, soit une demi-douzaine d’hectares, et ce d’autant plus que “ la formulation actuelle sous forme de granulés est bien plus simple d’utilisation ”, souligne-t-il.
Jean-Christophe Mascou, viticulteur à Castelnau-de-Guers, dans l’Hérault, n’a qu’une seule année de recul, ce qu’il n’estime pas suffisant pour se prononcer sur l’efficacité du produit. Mais pour l’instant, il semble donner de bons résultats chez lui aussi. “ Cette année, mes cabernets sauvignons traités avec ESK Protect (500 kg/ha enfouis avec un épandeur double coutre en novembre 2013) ont été plus de deux fois moins touchés par les maladies du bois que le reste de la parcelle : 20 souches atteintes sur 250, contre 56/250 ailleurs. ” Et de nuancer : “ il faut dire que de base, la partie non-traitée est la plus touchée par les maladies du bois… ”.
Rémi Lamarque, technicien négoce CIC (Gironde) a également testé ce produit en 2013 sur deux exploitations de médoc et entre deux mers, sur des parcelles qui extériorisaient l’esca : “ l’application (en poudre) a été réalisée à l’automne (500 kg/ha). Les résultats mettaient en avant une tendance positive sur les modalités ESK Protect en particulier sur les formes apoplectiques. ”
Ces résultats restent à relativiser comme le rappelle Vincent Dumot du BNIC (interprofession de Cognac) : “ ce produit n’a pas fait l’objet d’essais d’homologation permettant de juger son efficacité ”. Même prudence du côté de l’IFV où Philippe Larignon précise “ qu’il n’a pas de résultat à ce jour sur ce produit ”.



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Jean Christophe (16) | 13 décembre 2016 à 18:07:39

Bonjour, nous avons tester esK protect en Chambre d agriculture de la Charente. Nos premiers symptômes sont apparu, il y a trois ans. Cet essai comprend une partie traité et non traité en bloc. Je voulais simplement rebondir sur cette article. Il est intéressant. Toutefois, il manque le coût financier dans l article et le gain par rapport à la perte économique. J aimerais aussi souligner que l expression des symptômes est très variable d une parcelle à une autre. Il manque donc une analyse technique pouvant affirmer le ressenti des viticulteurs. Cordialement Jean Christophe Gérardin

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