Réussir vigne 14 janvier 2011 à 16h23 | Par C. GALBRUN

LANGUEDOC-ROUSSILLON - Redonner des lettres de noblesse aux vins d’entrée de gamme

Les vins d’entrée de gamme sont en train de disparaître, estiment certains opérateurs. Une erreur grave, selon eux qui pourrait nuire à la compétitivité de toute la filière

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“Dans la façon dont certains, et en particulier le CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux), répertorient les différentes catégories de vins, il est question de vins basiques qui seraient donc tout en bas de la pyramide. Ce que je réprouve car cette qualification est pour ces vins très dévalorisante. Pourquoi ne pas parler plutôt du plaisir que l’on peut avoir à boire ces vins ? Il y a pour moi, nécessité à travailler sur ces vins pour redonner au consommateur du plaisir au quotidien. Sinon, c’est tout le haut de la pyramide qui risque de vaciller ” : ainsi s’exprimait Vincent Pugibet, vigneron au domaine de La Colombelle (34) lors d’une conférence organisée par Vinseo (association de fournisseurs de la filière vitivinicole languedocienne) le 16 novembre dernier, sur le thème des coûts de production. Et Laurent Migeon, directeur du groupement de producteurs Evoc (Aude), d’enfoncer le clou: “ On constate une petite reprise sur les vins de cépage et il y a un problème de fond avec les AOP languedociennes qui n’ont pas su trouver leur place. Mais ce qui est vraiment dommageable est que le segment des vins d’entrée de gamme a disparu et celui des vins de pays de département est en train de disparaître. Continuet- on à réduire la voilure ou trouve-t-on d’autres produits ? On est en train de paupériser la filière. Tous les cépages historiques audois ont disparu au profit des merlots et autres cépages internationaux qui trouvent des débouchés en vins de pays. Et si chaque vigneron aujourd’hui cherche de la compétitivité, c’est parce qu’on a perdu nos parts de marché à l’international sur ces cépages qu’on a abandonnés. Or, il nous faut ces produits d’appel sans lesquels il nous sera très difficile de vendre le reste c’est-à-dire des produits de différenciation. ” Car il ne s’agit pas de vendre des vins forcément chers, renchérit Vincent Pugibet.“ C’est d’ailleurs ce dont se meurt la région. Certes on sait produire des icones mais soyons rentables sur l’entrée de gamme. Il y a tout un marché qui a été abandonné politiquement. À tel point qu’on importe aujourd’hui des vins dits basiques d’Espagne ou d’Italie. ” Autre problème à résoudre : la fluctuation des prix. “ Le premier critère recherché par un acheteur est la stabilité du rapport qualité/prix. En deux ans, on est passé de 45 à 65 euros/hl sur un même segment de vin sans qu’il n’y ait de corrélation directe entre la qualité et le prix. Nous avons besoin d’un vin ayant le profil du Coca-Cola, soit une qualité standard avec un prix restant dans une fluctuation tolérable. Ce qui suppose aussi une concentration des forces commerciales. Dans la filière, on a tout inversé : on produit comme des artisans et on vend comme des industriels. Reprenons les choses à l’endroit comme en Champagne. Produisons de manière industrielle en faisant croire que nous sommes des artisans ”, estime encore Laurent Migeon.

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