Réussir vigne 23 décembre 2015 à 08h00 | Par Xavier Delbecque

L'épandage de paille en guise d'entretien du sol

Au domaine champenois Bonnevie-Bocart, les propriétaires ont adapté un épandeur porté afin d'épandre de la paille de blé et d'orge sur l'interrang. Ils valorisent ainsi les sous-produits de leurs cultures céréalière, tout en limitant les pousses d'adventices.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Nous nous sommes rendus à Billy-le-Grand, dans la Marne, à la rencontre d'Éric Bonnevie. Cela fait maintenant deux ans que ce viticulteur utilise de la paille pour couvrir les cinq hectares de vigne du domaine Bonnevie-Bocart. À l’origine de cette décision, il y a la volonté de valoriser les sous-produits que lui fournissent les cinquante-huit hectares de grandes cultures dont le domaine est également propriétaire (blé, orge, betterave, colza, moutarde…), et dont la vente ne lui rapporte quasiment rien ; et de pailler sa vigne pour limiter les désherbants.

Arriver à ce résultat n'a pas été chose évidente. Le premier test d’épandage qu'Éric Bonnevie a effectué il y a six ans a été franchement laborieux, faute de matériel adéquat. « Le Fischbach que je possédais faisait de gros paquets de paille dans les rangs », explique-t-il. Mais il est plutôt buté, et a essayé d'autres solutions. C'est dans ce modèle d'épandeur porté Vitep (distribué par ACI Viticole) qu'il a finalement investi. Il a toutefois dû le bricoler légèrement, de façon à ce que la paille tombe juste avant le passage de roue. Le tout est monté sur un enjambeur trois rangs CMC de cent chevaux. « Le bon ajustement fut difficile à trouver avant d'obtenir un paillage homogène, avoue le vigneron. Encore maintenant il faut faire attention à ce que la paille soit sèche et bien décompactée. Il faut également rouler lentement, en surveillant sa distribution en permanence. » Il est parfois même nécessaire de s'arrêter ou de faire marche arrière pour débourrer la machine.

Éric Bonnevie est satisfait de ce mode de paillage particulier. La paille reste en place deux années durant, et lui permet de gérer correctement les adventices. Autres effets positifs, ce couvert végétal permet de lutter contre l’érosion et d’éviter le tassement. Il garde en outre la fraîcheur en été et crée un amendement organique idéal au développement de la biologie du sol. Les ouvriers apprécient quant à eux le côté confortable. Marcher sur le mulch est plus agréable, et surtout, permet de garder les pieds au sec. La quantité moyenne de paille utilisée par le vigneron est de six à sept tonnes par hectare. À 40 euros la tonne, cette technique pourrait se montrer également avantageuse pour les viticulteurs en monoculture.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Alexandre (57) | 14 janvier 2016 à 13:06:06

sa technique me plait bien si c'est pour économiser de l'argent sur les herbicide et surtout si les parcelle sont proche des maison c'est une technique qui mérite d?être a testé sur plus grande échelle et préserver la qualité du sol (c'est le plus important )

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Machinisme agricole

Question du mois

Travailler sans soufre : évidence ou additif incontournable ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui