Réussir vigne 24 octobre 2013 à 08h00 | Par Hervé Plagnol

Jérôme Despey prône l’assurance climatique obligatoire

L’été a été ponctué de nombreux épisodes de grêle. Le président du Comité vin de FranceAgriMer veut rendre obligatoire le système assurantiel.

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Pour Jérôme Despey l’assurance 
obligatoire est le seul moyen de réduire les coûts et de ne laisser aucun exploitant sans solution en cas de pépin.
Pour Jérôme Despey l’assurance obligatoire est le seul moyen de réduire les coûts et de ne laisser aucun exploitant sans solution en cas de pépin. - © J.-C. Gutner

Je suis affolé par l’ampleur des dégâts provoqués par le climat ”, a affirmé, le 28 août, Jérôme Despey. L’impact est tel que le président pense très sérieusement à une assurance récolte obligatoire pour la vigne. Une idée qui n’a pas que des partisans, loin de là. Mais l’année 2013 pourrait en convaincre bon nombre. Elle a été particulièrement dure en France, avec des vignobles touchés dans une très large proportion, notamment par la grêle : vouvray, entre-deux-mers, de même qu’en Bourgogne, Gironde, Dordogne, Midi-Pyrénées, Sud-Ouest... Des centaines d’hectares ravagés, parfois l’essentiel d’une appellation comme pour le vouvray, rappelle Jérôme Despey. Ce qui d’ailleurs fera de 2013 une année de petite production.
Face à cela, les viticulteurs sont souvent dans une impasse et n’ont que leurs yeux pour pleurer. En effet, seule une faible proportion de la surface est assurée (100 000 hectares sur 800 000 hectares selon FranceAgriMer) alors que la viticulture ne bénéficie plus de l’intervention du Fonds de garantie contre les calamités agricoles (FNGCA). “ L’offre d’assurance n’est pas adaptée ”, regrette Jérôme Despey. Selon lui, elle est chère, compliquée, avec des seuils et franchises mal adaptés. Parfois, lorsque des coopératives mutualisent les contrats, la proportion de ceux qui s’assurent est plus élevée. Mais c’est rarement le cas. En plus, l’État ne cesse de réduire son soutien destiné à alléger le coût de l’assurance : 125 millions d’euros en 2011, 100 millions en 2012, 77 millions en 2013.
Jérôme Despey est donc convaincu qu’il faut envisager un système d’assurance obligatoire. Pour lui, c’est le seul moyen de réduire les coûts et de ne laisser aucun exploitant sans solution en cas de pépin.

- © P. Cronenberger

Dans le Beaujolais, le système assurantiel sauve les exploitations


Alors que la rÉcolte 2012 en beaujolais avait ÉtÉ diminuÉe par des aléas climatiques, la santé économique des exploitations n’est pas aussi désespérée que les prévisions le laissaient entendre. Les annonces les plus pessimistes avaient été formulées. “ De nombreuses exploitations sont assurées, ce qui leur a permis de passer l’année ”, souligne Frédéric Laveur, président de l’ODG beaujolais. La hausse des prix et la rareté de l’offre sont venus également soutenir les exploitations en difficultés, qui ont pu liquider leurs stocks 2010 et 2011. La prochaine récolte, qui s’annonce moyenne, débute sur une note optimiste grâce à l’absence de stocks, notamment sur les vins de garde.

Marion Ivaldi

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