Réussir vigne 19 décembre 2005 à 15h33 | Par Claudine Galbrun

Gestion du marché - « Il faut distiller » affirme l´Onivins

Le message est simple, clair et précis : « il faut distiller ». L´Onivins se fait en la matière, le porte-voix des professionnels.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Dans une conjoncture morose, il y a toutefois deux bonnes nouvelles à noter. La première concerne le volume de récolte en France pour 2005. Il devrait être de 53,5 millions d´hectolitres, soit une baisse de 9 % par rapport à 2004. La deuxième est du même tonneau mais cette fois-ci sur un plan européen : 170 millions d´hectolitres soit 26 millions de moins par rapport à l´an dernier. Et puis jamais deux sans trois : la qualité de ce millésime sera au rendez-vous.
Voilà pour les bonnes nouvelles. Pour le reste, la situation de marché reste très inquiétante, estime la CFVDP (Confédération française des vins de pays). Et elle n´est pas la seule à faire ce constat. « Jamais nous n´avons connu un niveau de stocks aussi importants », indique Denis Verdier, président de la CCVF (Confédération des coopératives viticoles de France). « Il nous faut réussir à dégager des stocks. Sans doute va-t-il falloir y aller à la hache. » En VQPRD, les stocks s´élèvent à 28,5 millions d´hl, selon l´Onivins et en vins de table à 11,4 millions d´hl. Ce qui fait beaucoup pour ces derniers même s´ils n´atteignent pas un niveau record puisque ces vins n´ont pas vocation à être stockés. « Il faudrait que l´on distille plus de 5 millions d´hl dont 3 en AOC. Seulement, Dupond attend que Durand distille et réciproquement. Résultat : personne n´y va et on continue de s´enfoncer », estime encore Denis Verdier qui se déclare assez partisan d´un système dans lequel tous soutiens et aides seraient conditionnés à l´envoi à la chaudière d´un volume de vin conséquent.
Pour l´Onivins, « le niveau très satisfaisant des transactions et l´importance des stocks concourent à dire qu´il faut distiller ». ©S. Randé

L´Onivins table sur 2 à 3 millions d´hectolitres
L´Onivins qui se montre plus prudent sur le volume de vin à distiller pour retrouver une situation saine, tablant plutôt sur 2 à 3 millions d´hectolitres songe également à des systèmes sinon de répression du moins incitatifs pour les bénéficiaires d´aides publiques. « Lorsqu´une coopérative ou un vigneron demandera une aide, nous vérifierons l´importance de sa contribution à l´effort global d´apurement du marché. » Et faute de l´existence de tels dispositifs, les vins AOC n´ont pas rempli le contrat. La France avait obtenu de Bruxelles, et de haute lutte, l´autorisation de distiller trois millions d´hectolitres de vins AOC. Au final, 1,085 million seulement sont partis à la chaudière. « Certains n´ont pas voulu admettre qu´en se coupant le doigt, il sauvait leur main. Mais avec la crise qui se durcit, le nombre de vignerons en difficulté qui ne fait que s´accroître, on devrait faire mieux. La distillation est un pis-aller mais il faut y aller », martèle Denis Verdier. Et rappelle-t-il, il faut aussi prendre en compte le risque de dévaluation des stocks si les cours continuent à baisser.
La Confédération des vins de pays, elle aussi, « en appelle à la responsabilité des producteurs en leur demandant de participer massivement à l´élimination des stocks ». Et l´Onivins d´enfoncer le clou : « tout repose sur le succès de la distillation ». Celle dite article 29 est désormais ouverte depuis début octobre et paye à hauteur de 2,48 ? le degré hl. Jusqu´à présent, la France ne souscrivait pas à cette distillation, la totalité du contingent ouvert par l´Europe soit environ 12 millions d´hl était rempli pour l´essentiel par l´Espagne et l´Italie. « Nous souhaitions pouvoir enregistrer un maximum de contrats de souscription à cette distillation avant le 15 novembre », indique l´Onivins. Ce qui n´a pas été le cas. « Il est vrai qu´habituellement, les vignerons attendent le dernier moment qui est fixé au 23 décembre. Il semble toutefois que le mouvement s´étende. Tout le monde a compris qu´il vaut mieux distiller des stocks de 2004 de qualité moyenne pour profiter du bon millésime 2005 que l´on pourra vendre à un meilleur prix », souligne l´Onivins.
L´Onivins va emprunter pour payer au plus vite
Et pour encore inciter un peu plus les vignerons à souscrire, l´office va contracter un emprunt - ce qui est une première - dont le montant n´est pas encore fixé afin d´avoir la trésorerie nécessaire pour verser rapidement un acompte de 60 % du montant de l´aide communautaire aux opérateurs sans qu´ils aient à attendre le remboursement de Bruxelles. « Le fait que l´Onivins emprunte pour payer au plus vite doit constituer un signal fort », estime l´office.
Pour l´instant, le niveau des transactions est encore assez faible. En vin de table, au cours des quinze premières semaines de la campagne, se sont échangés 100 000 hl par semaine contre 200 000 en 2004 à la même période. Le millésime 2005 ne représente qu´un quart des transactions contre deux tiers l´an dernier. Le cours moyen en vin de table sur cette première partie de la campagne s´établit à 2,80 euros. Soit légèrement en dessous du seuil de 3 euros que s´étaient fixés producteurs et négociants dans le cadre d´un gentlemen agreement.

Toutefois, les choses s´améliorent, note l´Onivins. Les cours remontent et la part des vins vendus à moins de 3 euros diminue. En vin de pays rouge, le cours moyen est de 47,44 euros/hl soit - 25 % par rapport à la même période de 2004. Celui des vins primeurs s´établit toutefois à 56,50 euros/hl. Et pour tenter encore une fois de maintenir les cours, le principe d´une rencontre entre le négoce et la distribution a été actée et devrait intervenir avant la fin de l´année. Il s´agit de conforter l´offre française notamment en vins de table et de vanter auprès de la distribution tous les mérites du millésime 2005.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui