Réussir vigne 24 mai 2006 à 16h08 | Par Claudine Galbrun

Filière viticole - Une nouvelle feuille de route

Chose promise, chose due : le ministre de l´Agriculture a présenté sa feuille de route pour la filière viticole. Une proposition consensuelle. Du moins pour l´instant.

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Il ne sera pas dit que le préfet Bernard Pomel aura travaillé pour rien. Le ministre de l´Agriculture s´est tout de même quelque peu inspiré du plan national de restructuration de la filière rédigé par le préfet pour bâtir sa " stratégie nationale et la réforme de la viticulture française ". Stratégie qu´il a présenté à certains professionnels le 29 mars. Ceux qui n´ont pas été invités - dont les représentants du négoce et Jean Huillet, président des producteurs de vins de pays, entre autres - n´ont pas manqué de faire savoir leur mécontentement. Et de juger " ce sectarisme intolérable " tout en se déclarant prêt à s´engager dans les réformes nécessaires. Ce plan comprend bien évidemment un volet conjoncturel qui s´accompagne d´une enveloppe de 90 millions d´euros.
Les professionnels, assez classiquement, jugent ce montant inférieur aux besoins. Au passage, le ministre a également annoncé qu´il avait demandé à Bruxelles une distillation exceptionnelle de deux millions d´hectolitres pour les AOC et deux autres millions pour les vins de table et de pays.

Jérôme Despey, pour la FNSEA, estime d´une part que cette distillation est une condition sine qua non de réussite du plan et d´autre part, qu´il est indispensable qu´elle s´ouvre avant l´été et que le prix payé par l´Union Européenne soit revalorisé et atteigne quatre euros le degré hecto. Aux régions également de jouer le jeu et d´envoyer les excédents à la chaudière. Le ministre pourrait imposer - aux régions récalcitrantes - des mesures de rétorsion en révisant leur rendement, en imposant des réserves qualitatives ou encore en subordonnant certaines aides au fait de distiller. Dans le volet structurel de ce plan, la gestion par comité de bassin est donc confirmée. Ce qui satisfait l´ensemble des professionnels à une réserve près : que l´on n´impose pas de modèle unique de concertation dans les régions. " Pour la première fois, il est dit que la responsabilité de la gestion de la filière relève avant tout des régions. Ce qui est une bonne chose ", estime la Cnaoc. Ces comités de bassin, au nombre de dix, définis comme " des lieux d´échange et de cohérence ", devraient réunir autour de la table les différents maillons de la filière pour l´ensemble des produits et l´ensemble des préoccupations : gestion du potentiel avec extension de l´affectation parcellaire, des volumes, promotion.
La stratégie nationale pour la filière annoncée par le ministre de l´Agriculture consacre la primauté des régions en matière de gestion de la filière. ©Cronenberger

Le ministre a annoncé la création d´un Conseil national de la viticulture
Au niveau national, Viniflhor sera chargé du dossier des droits de plantation et continuera d´accompagner les politiques publiques. Mais le nouvel office ne sera pas l´instance de concertation et d´arbitrage entre bassins de production, comme le souhaitait notamment la FNSEA. L´Inao n´en aura pas non plus la charge. Le ministre a en effet annoncé la création d´un Conseil national de la viticulture. Ce qui répond, selon lui, à cette nécessité d´avoir ce lieu de coordination et d´arbitrage entre comités de bassin. Cette nouvelle superstructure, diront certains mauvais esprits, pourrait avoir un troisième objectif et montrant ainsi au passage l´habileté du ministre : mettre un terme aux querelles qui animaient il y a encore peu la filière sur la composition du conseil de direction de l´Office. La FNSEA se montre réservée sur la mise en place de cette nouvelle entité. " C´était déjà suffisamment compliqué avec l´Office et l´Inao. Pourquoi rajouter un étage supplémentaire ? Un groupe de travail au sein de Viniflhor pourrait être ce lieu de concertation et d´arbitrage entre régions ", estime Jérôme Despey.
Maintenant, tout le monde attend de savoir qui siégera au sein de ce conseil qui a priori ne devrait rassembler que les organisations spécifiques à la filière. Le ministre a indiqué que ce conseil se réunira avant le 1er juillet afin de proposer les conditions de réalisation de la prochaine campagne. Quant au niveau des rendements par catégorie de vin, le gouvernement arrêtera une indication et si nécessaire, fixera ces niveaux de rendements.
En vue d´une meilleure adaptation de l´offre au marché et dans un premier temps d´améliorer la qualité, il a été décidé de modifier avant la prochaine campagne les procédures d´agrément et de contrôle mises en oeuvre par l´Inao. Le ministre souhaite également " encourager " l´assouplissement des conditions de production des AOC régionales et autorise l´utilisation des copeaux. Et en vue de simplifier l´offre, il supprime la catégorie AOVDQS. Une simplification à la marge puisqu´en volume, elle représentait quelque 500 000 hectolitres. Les volumes concernés pourront rejoindre soit la catégorie AOC soit vin de pays. Au final, et à quelques détails près, chacun estime que ce plan va dans le bon sens. Il n´y a plus qu´à le mettre en oeuvre.

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