Réussir vigne 07 juin 2002 à 13h45 | Par Claudine Galbrun

Filière viticole - "Que deviendrait Bergerac sans le négoce bordelais?" s´interroge Ph. Barbier, président du CIVRB

Philippe Barbier, négociant et président de l´Interprofession des vins de Bergerac* depuis un an, doit évoluer dans un contexte de crise que d´aucuns attribuent à la position dominante du négoce bordelais. Ce qu´il dément.

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Y-a-t-il une crise à Bergerac ?
Philippe Barbier - Nous avons connu de 1998 à 2000 des années euphoriques. Bergerac suivait en cela l´évolution de Bordeaux. Les volumes ont ainsi augmenté très fortement. Mais l´influence de Bordeaux sur les vins de Bergerac restant prédominante, les cours sont tombés. La production s´est vue condamnée à brader ses produits. Le tonneau s´est ainsi négocié entre 533 et 610 euros. Des cours aberrants et économiquement non viables mais qui sont devenus la référence notamment pour le bergerac rouge vendu en vrac à la clientèle hard-discount. Tout se sait dans le vignoble et dès que les clients du négoce ont connu le niveau des cours pratiqués à la production, ils ont également fait pression sur ce négoce qui n´a pu que subir cette situation sans aucune prise de marge. La production aurait dû attendre, plutôt que de vendre à n´importe quel prix. Toutefois, depuis le début de la campagne, on assiste à une reprise des cours avec des prix moyens supérieurs à 760 euros. Beaucoup ont cru que je serais un magicien. Or, je ne le suis pas.

Certains producteurs critiquent cette dépendance vis à vis du négoce bordelais. Qu´en pensez-vous?
P. B. - Le problème est qu´il n´y a quasiment pas de négociants à Bergerac. Et je ne pense pas qu´un nouveau gros négociant s´y installe prochainement. On va plutôt assister à l´émergence de cinq ou six grandes entreprises de négoce à Bordeaux. Et ce sont ces entreprises que Bergerac devra séduire. De plus, si le négoce bordelais ou cadurcien n´existait pas, que deviendrait les gros volumes de vrac produits à Bergerac? Et compte tenu de ces volumes, Bergerac a tout intérêt à avoir un négoce fort en face. J´ajouterais également que dans certaines régions, la coopération joue un rôle important. Or, à Bergerac, c´est elle-même qui vend ses vins en vrac.

Quelles sont les actions que vous comptez mener ?
P. B. - Nous avons entrepris un travail de sensibilisation auprès du négoce bordelais pour lui montrer tout l´intérêt commercial de Bergerac. Je souhaiterais d´ailleurs pousser ce négoce à faire de la bouteille plutôt que du vrac. Nous allons aussi renforcer la communication, démontrer que Bergerac représente le meilleur rapport qualité/prix et que cette région a une vraie identité.


Justement, ne vous sentez-vous pas parfois pris en tenaille entre Bordeaux et le Sud-Ouest?
P. B. - Avec la campagne de communication précédente, nous avions jouer à fond la carte de l´Aquitaine. Nous ne le renions pas mais nous voulons prouver que nous avons notre propre identité. Je veux d´ailleurs proposer une bouteille commune à tous les vins de bergerac. Avec 600 000 hl de production, nous avons un volume suffisant pour justifier et préserver cette identité.


* le CIVRB : Comité interprofessionnel des vins de la région de Bergerac.

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