Réussir vigne 16 janvier 2004 à 17h01 | Par Claudine Galbrun

Filière viticole - Non à l´ultra-libéralisme en Champagne

Négoce et production sont d´accords : il faut doter la Champagne d´une nouvelle organisation des relations interprofessionnelles. Surtout dans un contexte de quasi pénurie de la matière première propre à accroître les spéculations autour du prix du raisin.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Le champagne est dans sa bulle et en dépit d´un contexte général de morosité, les ventes continuent de croître. 2003 devrait être véritablement l´année de tous les records, si l´on exclue l´effet millénaire pour les années 1998 et 99, pour les ventes de champagne avec quelque 290 millions de bouteilles expédiées, a indiqué Yves Bénard, président de l´Union des maisons de champagne, lors de l´assemblée générale de l´AVC (Association viticole champenoise) qui se tenait le 28 novembre. Une situation de « prospérité décalée », selon Philippe Feneuil, président du syndicat des vignerons de champagne, qui n´exclue pas de penser à l´avenir. « Avec un potentiel de 310 millions de bouteille, nous sommes très prêts du plafond volume. Face à cette tendance à la hausse de la consommation, le potentiel de production présente un encéphalogramme plat pour la prochaine décennie. Sans organisation collective, le pire est à prévoir », estime Yves Bénard.

Et Philippe Feneuil de se demander s´il existe encore une organisation en Champagne tant, constate-t-il depuis 2000, les dérives existent : le prix interprofessionnel n´est plus représentatif du marché, les contrats à durée variable entre producteur et négociant se multiplient. « En l´absence de toute régulation, les phénomènes spéculatifs vont s´accroître, avec une montée inexorable des prix et des primes. Ces excès seront sanctionnés par la clientèle et ce sera l´appauvrissement de toute une filière », estime Yves Bénard. Et de poursuivre : « On ne peut pas imaginer un marché ultra-libéral pour la Champagne. Il nous faut un nouveau projet d´organisation. » Un groupe de réflexion est chargé de trouver « des idées inédites pour encadrer les relations entre production et négoce, sans subir les foudres libertaires de Bruxelles ».

Les propositions restent à affiner mais est suggéré de créer une structure juridique qui rassembleraient les vendeurs et les acheteurs. « Chacun s´engagerait librement dans un dispositif organisé dont les règles de fonctionnement fixeraient le prix de marché du raisin, des vins clairs et sur lattes ainsi que la durée des engagements », indique Philippe Feneuil. Les contrats seraient individuels, chacun étant libre de choisir son partenaire. Élément clé du système : deux marchés distincts et parfaitement étanches coexisteraient. L´un serait organisé et le respect des règles entraînerait la sécurité des ventes et des paiements, l´autre serait libre, chacun gérant son prix et ses éventuels impayés. « A chacun d´assumer ses choix. ». Les opérateurs vont poursuivre leurs réflexions qui devraient être finalisées en février prochain.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui