Réussir vigne 27 avril 2001 à 13h08 | Par Claudine Galbrun

Fédération des exportateurs : le pavé dans la mare

49 milliards de francs, soit l´équivalent de 100 airbus ou de 400 rames de TGV : les exportations françaises de vins et spiritueux en 2000 réalisent encore un trés bon score, selon la FEVS. Mais si l´on n´y prend garde, ces bons résultats pourraient rapidement s´effriter.

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Il est temps de réagir, estime la fédération qui n´hésite pas à lancer un pavé dans la mare en provoquant l´Inao.

Ces bons chiffres sont liés à la progression qu´enregistre le secteur des spiritueux avec 13,1 milliards de francs soit + 15 %. Tous les spiritueux sont en forte augmentation (cognac : + 15 % ; liqueurs : + 16 % ; armagnac : + 2 %). "La mort programmée des alcools forts n´est pas pour tout de suite", indique Bertrand Devillard, président de la FEVS (Fédération des exportateurs de vins et spiritueux). Par contre, les vins, avec 35,4 milliards de francs régressent de 5 %. En volume, la baisse atteint 7,5 %. Ce recul des volumes a des causes structurelles, selon la FEVS. "Nous souffrons de notre histoire et de notre succès. Si nous avons la prétention d´être et de rester des leaders, le modèle global de l´offre française doit être revu", estime Bertrand Devillard. Et de lister les handicaps. En premier lieu, la dispersion et la complexité de l´offre liées notamment au concept d´AOC qui se plaît, selon la FEVS "à segmenter, à saucissonner le terroir et à finalement rendre totalement absconse l´offre française au consommateur étranger. Les contraintes de production qui se sont empilées au fil du temps ont rendu le système extraordinairement complexe".

Droits de plantation, Safer, commission des structures : "un véritable parcours du combattant". Et pendant ce temps-là, au Chili, on plante 450 ha en toute liberté.
Absence de marques fortes
Autres difficultés : des entreprises essentiellement tournées vers l´amont, des opérateurs de taille insuffisante et surtout une absence de marques fortes. Au vu de ce constat, la FEVS a des propositions à faire dont l´une met directement en cause l´Inao. "La logique de terroir ne doit pas être le catéchisme commun à tous car une partie du marché n´a pas besoin d´appartenir à cette catégorie". L´Inao devrait restreindre son champ d´application, estime B. Devillard pour ne s´occuper que des grandes AOC. "Nous devons avoir une réflexion sur les AOC régionales, les vins de pays qui constituent une offre française intéressante mais soumise à des contraintes trop fortes. Pourquoi se refuser, par exemple, le droit d´utiliser des copeaux sur des vins de moyenne gamme ? s´interroge la FEVS. Libérer les contraintes qui pèsent sur l´amont est aussi indispensable. Il faut aussi conforter les marques. "Jusqu´à présent, toutes les entreprises ont bénéficié d´aides. Désormais, il faut resserrer les rangs derrière les spécialistes de l´exportation". Autre élément essentiel : développer la communication d´entreprise. "Tout ceci nécessite une évolution des mentalités et une prise de conscience collective", estime encore B. Devillard. Certes mais reste à savoir si tout le monde l´entendra de cette oreille...

Exportations françaises de vins et spiritueux en 2000

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