Réussir vigne 20 janvier 2014 à 08h00 | Par Benoît Velut

Evolution des pratiques - L’AOP face au changement climatique

Le changement climatique questionne la capacité des AOP à faire évoluer leur cahier des charges pour maintenir un produit identifiable par leurs consommateurs. Pour Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint de l’Inra, elles devront s’adapter.

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Le changement climatique ne devrait pas se faire sentir dans les dix années à venir au point de nécessiter une modification radicale des cahiers des charges.
Le changement climatique ne devrait pas se faire sentir dans les dix années à venir au point de nécessiter une modification radicale des cahiers des charges. - © P. Cronenberger

“D’un côté, nous avons un climat qui change, ce qui nous oblige à modifier nos pratiques viticoles. De l’autre, un système de cahiers des charges assez serré, peu enclin à évoluer. C’est un paradoxe : innover pour ne pas bouger ! ”, a lancé Christian Huyghe lors du colloque Vinosciences, organisé dernièrement à Beaune. Et de citer en exemple le Languedoc lors des dernières années chaudes : “ Ceux qui ont refusé la désalcoolisation ont produit des vins qui ne correspondaient plus à ce qu’on attendait d’eux ”, estime-t-il. Néanmoins, le changement climatique ne devrait pas suffisamment se faire sentir dans les dix années à venir pour nécessiter une modification radicale des cahiers des charges. “ On devrait voir tout au plus s’accentuer les écarts d’une année à l’autre. Ces écarts devront être atténués, essentiellement par des pratiques œnologiques. ”

 

 

 

 

Pour Christian Huyghe, directeur 
scientifique adjoint de l’Inra, les cahiers des charges des AOP devront faire preuve de souplesse pour s’adapter au changement climatique.
Pour Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint de l’Inra, les cahiers des charges des AOP devront faire preuve de souplesse pour s’adapter au changement climatique. - © B. Velut

Et à plus long terme ?

C’est la souplesse des AOP qui sera alors éprouvée : “ Elles devront adapter leur cahier des charges ”, selon Christian Huyghe. “ Irriguer, désalcooliser, voire même changer de cépage, c’est envisageable, poursuit-il. Déplacer l’aire d’appellation sur des coteaux exposés plus au nord, beaucoup plus difficile : les enjeux fonciers sont trop importants. ” De gros débats sont donc à prévoir, et à anticiper.

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