Réussir vigne 02 mars 2016 à 08h00 | Par Xavier Delbecque

Drosophila suzukii, les enseignements de 2015

Des chercheurs suisses ont découvert que certains cépages sont particulièrement sensibles à Drosophila suzukii. Son rôle dans l'apparition de la pourriture acide est toujours flou.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les pontes de Drosophila suzukii sont plus importantes dans les cépages à peau fine.
Les pontes de Drosophila suzukii sont plus importantes dans les cépages à peau fine. - © Agroscope Changins

Si les essais français sur la drosophile asiatique sont restés au point mort cette année, il n'en va pas de même chez nos voisins outre-Alpes. La faible pression parasitaire de 2015 ne les a pas empêchés de tirer quelques conclusions enrichissantes. « C'était une année plutôt facile pour les viticulteurs. Malgré cela, certains cépages ont été touchés par Drosophila suzukii », révèle Christian Linder, l'ingénieur en charge des essais à l'Agroscope de Changins (Suisse). Dans son programme de recherche, plus de cinq cents parcelles et quatre-vingt-dix mille baies ont été analysées. Au total, 0,5 % de ces dernières contenaient des pontes du parasite. Avec une variabilité entre cépages importante : « nous avons identifié des cépages clairement plus sensibles, comme le dornfelder, le dunkelfelder et le gamay, où vingt à trente pourcents des parcelles ont été touchés. Le pinot noir, lui, était à moins de dix pourcents. » Des mesures au pénétromètre ont également démontré une étroite corrélation entre l'épaisseur de la pellicule et le taux d'infestation.

- © Infographie Réussir
Christian Linder, ingénieur à l'Agroscope de Changins en Suisse, a mené des essais sur plus de 500 parcelles avec de nombreux cépages différents.
Christian Linder, ingénieur à l'Agroscope de Changins en Suisse, a mené des essais sur plus de 500 parcelles avec de nombreux cépages différents. - © Agroscope Changins

Un lien avec la pourriture acide toujours pas démontré

Cependant, il n'a toujours pas été possible d'établir un lien direct entre les pontes et l'apparition de pourriture acide. Même si certains éléments sont troublants : « Sur un cépage moldave rosé, fort aromatique et avec une pellicule très fine, nous avons eu plus de 50 % d'infestation avec apparition de pourriture acide, alors qu'il n'y en avait nulle part ailleurs », explique le chercheur.

Au domaine expérimental La Tapy (Vaucluse), les piégeages ont été nuls tout l'été, et quelques captures ont repris dès septembre. Aucune ponte sur raisin n'était toutefois à signaler. « Il faut dire que le millésime a été précoce. Et le manque d'humidité, couplé aux fortes températures, a rendu la pression extrêmement faible. Même les mûres avoisinant les parcelles, d'habitude infestées, étaient saines ! », avoue Catherine Reynaud, technicienne au domaine vauclusien. Mais avec la douceur du début d'hiver, le stock de population s'est refait en cette fin d'année, pour atteindre le niveau de fin 2013. « La pression est revenue à des niveaux importants. Il faut donc continuer à être vigilant, surtout si le froid ne s'installe pas », poursuit la scientifique. Cela passe avant tout par l'observation au vignoble lors de la prochaine campagne et l'aération des zones fructifères, en prévention. Les essais devant préciser le potentiel pathogène de la drosophile en France seront reconduits en 2016, car infructueux en 2015. Pour Catherine Reynaud et Christian Linder, il y a de fortes chances que Drosophila suzukii s'avère être un ravageur secondaire pour les vignes, mais certaines régions ou cépages pourraient se montrer plus concernés, notamment les années propices au développement de la mouche.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Machinisme agricole

Question du mois

Travailler sans soufre : évidence ou additif incontournable ?

Répondez à la question

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui