Réussir vigne 13 décembre 2010 à 16h59 | Par M.-E. Koralewski

DÉGUSTATION - LA FORMATION POUR DÉMOCRATISER LE VIN

Les formations à la dégustation et à l’univers du vin se multiplient pour répondre à la soif de connaissance des professionnels chinois. Et petit à petit aussi, des consommateurs.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L’ÉCOLE WINE WORL EDUCATION
à Shanghaï, dirigée par Jia Peng,
propose des formations sur le vin
aussi bien pour les professionnels de
la filière que pour des clients privés.
L’ÉCOLE WINE WORL EDUCATION à Shanghaï, dirigée par Jia Peng, propose des formations sur le vin aussi bien pour les professionnels de la filière que pour des clients privés. - © Jia Peng

“Aujourd’hui il est possible de rencontrer en Chine de grands amateurs et connaisseurs, essentiellement
parmi les professionnels du vin. Il y a encore 4 ans, c’était très rare ”, constate Jia Peng, directrice de l’école dédiée au vin Word Wine Education à Shanghai.  Il faut dire que les actions de formations auprès des professionnels, importateurs et distributeurs se multiplient, d’autant
qu’ils montrent une grande soif d’apprendre. “ Même s’il y a de plus en plus de connaisseurs, encore beaucoup n’ont pas de formation sur le vin ”, note Jia Peng. Un constat qui a motivé la création de l’école qu’elle dirige à Shanghai. “ Nous travaillons pour des clients privés et avec des institutions comme la Sopexa avec qui nous avons récemment formé une centaine d’importateurs chinois. Des cours réguliers sont assurés au sein du centre et aussi en entreprise, dans des banques par exemple. Nos clients veulent apprendre à déguster pour offrir de bons vins, autres que Lafite ”, précise-t-elle. “ Formerles importateurs et distributeurs est indispensable pour les aider à vendre les vins, leur permettre de comprendre le produit, leur donner des arguments pour les mettre en valeur et puis tout simplement, pour leur faire connaître le vin ”, ajoute-t-elle. C’est aussi un moyen de faire découvrir de nouveaux vins aux professionnels et donc, aux consommateurs.
“ On voit fleurir des clubs de vins, des blogs de consommateurs chinois. Ils veulent comprendre, connaître, déguster. Dans les années à venir, les Chinois vont vouloir de plus en plus découvrir les vins et demander
de la diversité ”, note Frédéric Choux, directeur de DCT Wines.

Une école du vin en 2011 à Hong Kong


Pour répondre à une demande de plus en plus importante d’animer des dégustations et de délivrer des cours, une école du vin devrait être créée début 2011 à Hong Kong. “ Le projet est en cours de réalisation. Nous sommes en train de tester la formation intensive professionnelle spécialisée dans les grands vins, français surtout, et provenant d’autres pays. Il y a une forte demande pour apprendre à déguster et reconnaître les vins haut de gamme ”, explique Olivier Thienot, directeur de l’école du vin à Paris. L’école compte également accueillir des amateurs de vin autour de dégustations à thème. Pas question de vendre du vin, précise Olivier Thienot. Seulement l’art de déguster.

CONSEILS Quelques astuces pour éviter les impairs
“ TRAVAILLER EN CHINE NÉCESSITE DE CONNAÎTRE UN PEU LA CULTURE DES CHINOIS ”, estime Jia Peng, qui, en plus de diriger le centre de formation WWE à Hong-Kong, tient un blog sur l’export en Chine. Premier conseil : être réactif si un importateur se montre intéressé et ne pas attendre trois semaines pour lui répondre. Tisser un lien d’amitié est aussi à considérer. “ Les Chinois sont sentimentaux et seront fidèles si le courant passe bien ”. Il faut aussi savoir se mettre à leur place et savoir répondre à leurs attentes. “ Lorsqu’un Chinois invite, il va faire le maximum selon ses moyens, prévenir vos besoins, faire que vous vous sentiez bien et prendre tout en charge de A à Z. Dans
la mesure du possible, il faut essayer d’être aussi prévenant que lui lorsqu’il vient en France ”. Coté marketing, quelques astuces peu onéreuses connaissent du succès : mettre une photo d’un paysage français sur son stand lors d’un salon et se laisser photographier avec eux. Autres aspects culturels chinois à ne pas négliger : la superstition. “ Beaucoup de choses en Chine sont empreintes de superstition. Le chiffre 4 par exemple porte malheur. En revanche, le chiffre 8 porte bonheur ! ”, note Philippe Lejeune, propriétaire du château de Chambert à cahors qui exporte ses vins à Hong-Kong et en Chine et compte promouvoir les vins de Cahors au travers d’un tout nouveau négoce.
Autre observation : plus le vin est sombre, mieux c’est. “ La couleur noir fait référence aux antioxydants bons pour la santé. Dans des dégustations à l’aveugle, certains vins étaient éliminés avant même d’être goûtés seulement parce que la
couleur n’était pas assez soutenue à leur goût. ”
Autre préjugé décelé par Philippe Lejeune : “ les Chinois sont très pointus, s’ils arrivent à faire tourner la capsule avec la main, c’est signe de mauvaise qualité ”. Et de conclure que le packaging est très important en Chine car “ sur un marché
encore jeune et peu connaisseur ”, le code visuel joue en rôle prépondérant. "

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir vigne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui