Réussir vigne 16 octobre 2017 à 08h00 | Par Marie-Noëlle Charles

Colette et le vin, ou la passion d’un écrivain

À partir d’une collection inédite de 65 lettres adressées par Colette à Lucien Brocard, négociant en vins fins à Bercy, l’exposition modulaire "Colette et le vin" a vu le jour.

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Certaines lettres sont de magnifiques cartes gaufrées et décorées.
Certaines lettres sont de magnifiques cartes gaufrées et décorées. - © B. Brocard

Même si peu de textes lui sont entièrement consacrés, le vin est très présent dans l’œuvre de Colette. Son évocation éparse et régulière témoigne de la nature épicurienne de l’écrivain. "Colette était une terrienne. Elle savait observer la vigne et participait aux vendanges. Elle présentait le vin comme "un ami dynamisant et grisant, un breuvage magique", explique Bertrand Brocard, petit fils de Lucien Brocard. Colette était aussi une vraie dégustatrice, amatrice de grands vins mais aussi de vins "simples". C’est ce thème, jusque-là peu connu, de "Colette et le vin" que nous racontons dans l’exposition. Les 65 lettres inédites adressées par Colette à mon grand-père, marchand de vins à Bercy, ont servi de support. "

Dans l'une des 65 lettres adressée à Lucien Brocard, Colette commente de façon dithyrambique, la "vrille verte", un blanc d’assemblage que le marchand de vin lui a livré quelque temps plus tôt.
Dans l'une des 65 lettres adressée à Lucien Brocard, Colette commente de façon dithyrambique, la "vrille verte", un blanc d’assemblage que le marchand de vin lui a livré quelque temps plus tôt. - © B.Brocard

Une exposition modulaire de 21 panneaux

La première missive date de 1941. Colette, qui a alors 68 ans, s’adresse à Lucien Brocard pour commander du vin qu’il choisira pour elle. La dernière est rédigée en avril 1953 ; Colette meurt l’année suivante. Dans les premiers échanges, le ton est neutre et distant. Mais au fil du temps, il devient plus familier, plus humoristique, laissant transparaître l’amitié qui s’est nouée entre les deux protagonistes. Ces lettres, dont certaines sont de magnifiques cartes gaufrées et décorées, ont été précieusement conservées dans un petit coffre en bois par les grands-parents de Bertrand Brocard. Et quand il était enfant, il les lisait régulièrement. Un jour, il propose à sa sœur de faire connaître plus largement ce trésor familial. "On n’allait pas garder ces lettres éternellement, poursuit-il. Ni les vendre une à une. On a donc décidé de monter une exposition." Au hasard de ses recherches, Bertrand Brocard découvre le mémoire "Colette et le vin" de Marie-Laure Chamussy-Bouteille. Il la contacte et elle décide de s’associer au projet. L’exposition voit le jour en 2014. Depuis, de médiathèques en salons du livre, de musées en caveaux, elle a été présentée près de 20 fois. "C’est une exposition modulaire de 21 panneaux, précise Bertrand Brocard. Son prix de base est d’environ 500 euros et des aménagements sont envisageables en fonction du lieu d’exposition."

Ultime clin d’œil de cette grande amatrice de vins qu’était Colette : pendant toute la période de sa correspondance avec Lucien Brocard, elle vivait dans un appartement parisien sis… rue de Beaujolais !

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