Réussir vigne 16 mai 2001 à 10h12 | Par Claudine Galbrun

Bordelais CIVB : hausse des ventes mais baisse des prix

La campagne 1999/2000 est celle de la reprise pour les vins de Bordeaux, note le CIVB avec une hausse de 15 % des volumes. Un bon résultat lié à la baisse sensible (-15 %) des cours. Par contre, la campagne en cours est marquée par un certain attentisme.

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"Bordeaux se comporte honorablement dès qu´il retrouve un niveau qualité/prix correct", estime Eric Dulong, président du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux). Avant d´ajouter : "voilà un excellent enseignement à méditer". Bordeaux ayant été le seul vignoble à diminuer ses prix de manière significative au cours des 18 derniers mois, il est aussi le seul à accroître ses parts de marché. Au total, plus de 6,3 millions d´hl ont été commercalisés au cours de cette campagne. En 1999/2000, le prix moyen pour un tonneau a été de l´ordre de 7789 francs. La campagne 2000/01, quant à elle, a démarré très lentement.
Ce qui s´explique, selon le CIVB par la volonté des viticulteurs, "de ne pas mettre trop vite sur le marché un millésime 2000 de qualité" mais aussi par celle des négociants "qui ne veulent pas anticiper leurs achats, préférant alléger leurs stocks". Il est vrai, reconnaît le CIVB, que le négoce pendant les cinq dernières années a anticipé ses couvertures d´achats et a contribué à la hausse des cours. "Aujourd´hui, la prudence est de mise. Il y a eu une prise de conscience générale de l´intérêt d´une stabilité des prix", constate le comité. Mais le marché aurait retrouvé une certaine animation depuis la mi-janvier, ajoute encore le CIVB. Par contre, qu´en sera-t-il à plus long terme ? Toutes les études prévoient une concurrence accrue sur les marchés mondiaux. Pour y faire face, il faudrait, selon Eric Dulong, "alléger certains dispositifs réglementaires comme les règles d´étiquetage ou les pratiques onologiques, qui pénalisent les opérateurs sans apporter de garanties supplémentaires aux consommateurs".
Le président du CIVB estime également que la multiplication du nombre des AOC en affaiblit le concept même. "Au sein de cet univers pléthorique des AOC, il faut renforcer l´image de Bordeaux. D´ailleurs, depuis le 1er janvier 2001, l´imposition sur l´étiquette de la mention grand vin de bordeaux est obligatoire". Il ne faut pas pour autant rogner tous les incontestables apports des AOC mais il ne faut pas non plus se tromper de cible. "La concurrence de Bordeaux est au cour d´un marché de masse, avec un niveau de prix moyen. C´est sur cette catégorie qu´il faut se polariser. Une très grande différence doit être faite entre les grands crus de bordeaux et les 95 % de volumes restants. Ce sont eux qu´il faut promouvoir et à qui il faut donner une nouvelle image". Ce à quoi le CIVB a l´intention de travailler.

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