Réussir vigne 04 décembre 2015 à 08h00 | Par Gautier Dufau

Alain Reynaud, le vagabond des vignes

Beaucoup connaissent le travail du photographe Alain Reynaud, mais peu connaissent le personnage. Lorsqu'il nous ouvre ses portes, nous entrons dans un univers familial, entre vins, vignes et camping-car.

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Domaine du Val d'Argan, près d'Essaouira au Maroc . Un très bon souvenir pour le photographe, dans une ambiance pour le moins dépaysante.
Domaine du Val d'Argan, près d'Essaouira au Maroc . Un très bon souvenir pour le photographe, dans une ambiance pour le moins dépaysante. - © Alain Reynaud - 2013

Alain Reynaud est le photographe connu pour la série « monstres des vignes », des clichés de ceps évoquant des visages. Mais avant d'arriver là, son parcours a été pour le moins atypique. Et pour cause ! En 2005, il n'avait encore jamais touché un appareil photo ! "J'avais fait une école hôtelière puis je suis parti travailler à l'étranger, retrace-t-il. J'ai ensuite fait de la musique, des sports de glisse pendant dix ans, et quand j'ai arrêté j'ai voulu me re-concentrer sur le Languedoc où je vivais. J'ai donc suivi une formation d'animateur de patrimoine et j'ai trouvé qu'il y avait vraiment de jolies choses autour de chez moi. »

Dès 2006, sa vie prend un autre tournant. « Un copain m'a poussé à acheter un appareil photo numérique, se rappelle-t-il. J'ai alors commencé à prendre des photos comme Monsieur tout le monde, sauf que je suis curieux de nature, un peu rêveur aussi, et je suis allé chercher dans les arbres des formes qui faisaient penser à des visages. Je travaillais alors comme commercial pour le château de Flaugergues, à Montpellier, et c'est tout naturellement que je me suis mis à me promener dans les vignes avec ma compagne, elle aussi impliquée dans le monde du vin. » C'est ainsi qu'est née la série « Les monstres des vignes », saluée par le monde viti-vinicole, et que la carrière d'Alain Reynaud a basculé vers un côté plus professionnel. Et plus contraignant, comme il l'explique : « j'ai fait ces premiers clichés en janvier 2007. Je ne savais pas à ce moment-là qu'ils allaient me faire prendre un grand tournant dans ma vie... Ma première expo a lieu en juin 2007. À partir de là, j'ai eu des commandes de photos dans les vignes, pour illustrer les saisons. J'ai dû apprendre vraiment ce qu'était la photographie car je n'y comprenais strictement rien ! Une fois que l'on sort du côté artistique, où l'on fait finalement à peu près ce que l'on veut, et que l'on doit répondre à un cahier des charges précis, les ennuis commencent ».

Une très bonne connaissance du monde viti-vinicole

Rejoint dans l'aventure photographique par sa compagne, il compense sa méconnaissance des bases de la photographie par un long travail en tandem, mais aussi par une vraie connaissance du monde viti-vinicole. « Nous étions déjà très impliqués dans le vin, confie Alain Reynaud, ce qui nous a immédiatement ouvert des portes. Quand nous arrivons chez un vigneron, il n'a pas besoin de nous expliquer son travail : quelle que soit la saison, nous savons où il en est, que ce soit dans les vignes ou à la cave. Cela crée de suite des liens. En 2014, nous avons réalisé plus de 40 reportages photo et vidéo dans toute la France et à l'étranger. On peut en rajouter une vingtaine de plus, uniquement photo, où nous n'avons qu'une journée, voire une demi-journée pour nous adapter à un nouvel univers, aux nouvelles personnalités, à la météo. Tout cela serait impossible à faire si nous ne connaissions pas toutes les problématiques de ce métier. »

Quand on lui demande comment le vin et la vigne ont influencé son travail, la réponse est sans appel : « le monde viticole n'a pas influencé mon travail, il l'a créée de toutes pièces ! Au-delà du travail en lui-même, c'est également une influence sur le mode de vie. Aujourd'hui, nous passons la moitié de notre temps en camping-car, à traverser la France, l'Italie, l'Espagne ou le Maroc, en emmenant nos deux enfants. C'est un choix de vie qui n'est pas sans contraintes. Nous sommes un peu des vagabonds de la vigne et du vin ».

Aujourd'hui, Alain Reynaud rêve du Nouveau Monde, même s'il poursuit, un brin songeur : " je ne sais pas si je retrouverai l'ambiance du domaine du Val d'Argan, au Maroc, avec le dromadaire Goliath qui travaille dans les vignes à la place des tracteurs... un moment inoubliable ! ".

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